Étienne Floret, Haut fonctionnaire et ancien conseiller ministériel en charge des PME, livre son analyse sur les enjeux du made in France, les freins à la consommation de produits français et les solutions à envisager pour soutenir la réindustrialisation et les entreprises nationales.
À la faveur des récentes polémiques qui ont entouré les marques Temu et Shein, le sujet du made in France et son importance pour la réindustrialisation du pays sont revenus de manière régulière dans le débat public. Avec un paradoxe structurel : beaucoup de consommateurs souhaitent acheter français, mais trop peu le font finalement. Pourquoi ?
D’abord, beaucoup de consommateurs disent ne pas savoir où trouver des produits français. Profitons de ce Regard pour valoriser quelques initiatives méconnues, telle que la Rue du Made in France, dans le 4e arrondissement à Paris, ou des plates-formes numériques telles que lesitedumadeinfrance.fr ou marques-de-France.fr qui référencent des milliers de biens produits exclusivement en France et bien d’autres encore.
Ensuite, les consommateurs craignent trop souvent d’être dupés par les appellations. Plusieurs labels attestent de la fiabilité de l’origine. Origine France Garantie assure ainsi que 50 % de la valeur ajoutée d’un bien provient de notre pays, France Terre Textile que 75 % de ses étapes de fabrication ont eu lieu en France et le label Fabriqué en France (IMF) des Douanes qu’a minima la dernière étape de fabrication a bien eu lieu sur le territoire.
Un récent rapport d’Yves Jégo sur le sujet propose un marquage obligatoire de l’origine, l’instauration d’un « mois du made in France » en parallèle au Black Friday.
Enfin, les consommateurs estiment qu’ils ne sont pas suffisamment incités à consommer français. Quelques initiatives se sont pourtant développées ces dernières années : le Salon du Made in France, qui réunit plus de 110 000 visiteurs en novembre, les Jours tricolores ou les magazines Mag’in France et Fait en France Magazine, par exemple. Des chefs d’entreprise se sont même réunis dans des associations, telles que les Forces françaises de l’industrie (FFI) ou la Fédération du Made in France.
Il est possible d’aller plus loin pour encourager la consommation de produits français. Un récent rapport d’Yves Jégo sur le sujet proposait par exemple un marquage obligatoire de l’origine, l’instauration d’un « mois du made in France » en parallèle au Black Friday, ou de lutter contre les formules ambiguës telles qu’« imaginé en France », « designé en France » qui trompent le consommateur. Au-delà du textile, il convient d’assumer, pour les biens comme pour les services, dans la commande privée comme dans la commande publique, une forme de priorité nationale ou européenne qui fournisse de la demande à nos start-up et PME, ce dont elles manquent aujourd’hui cruellement. —




