Laura Burgun, faire rayonner l’horlogerie française depuis l’Alsace

Publié le 27 juillet 2026

À la tête du développement international de Pierre Lannier, Laura Burgun porte les ambitions d’une entreprise familiale devenue le premier fabricant de montres français. Lauréate du Choiseul Alsace 2026, elle défend une industrie locale tournée vers le monde.

“Personne ne s’attend à trouver une industrie horlogère en Alsace”. Dans l’imaginaire collectif, l’horlogerie évoque davantage le Suisse, Besançon et les grandes maisons de luxe que les paysages alsaciens. Pourtant, c’est bien depuis ce territoire que Pierre Lannier conçoit et produit aujourd’hui près de 350 000 montres par an, exportées dans une cinquantaine de pays.

Depuis 2023, Laura Burgun dirige le développement international de cette entreprise familiale fondée par son père. « Nous ne faisons ni les volumes de l’Asie, ni la réputation historique de l’horlogerie suisse. Notre force est ailleurs : dans l’authenticité et la capacité d’adaptation”.

Une croissance tournée vers le monde

L’Inde est devenue le premier marché export de Pierre Lannier, devant le Japon, La Réunion ou encore l’Albanie. Une réussite qui s’inscrit dans une stratégie de diversification pensée pour renforcer la résilience de l’entreprise. « Après le Covid, mon objectif était de stabiliser les marchés dans lesquels nous étions déjà présents pour que l’entreprise reste forte en cas de crise. D’un point de vue commercial, il ne faut pas dépendre d’un seul client ni d’un seul marché. »

Dans cette conquête internationale, l’image de la France reste un atout majeur. ‘Nous avons vu à quel point l’origine des produits, la traçabilité et le Made in France devenaient importants pour les consommateurs. » Mais pour Laura Burgun, le Made in France ne doit pas être un simple argument marketing. Demain, l’industrie française devra concilier responsabilité environnementale, savoir-faire et héritage et compétitivité. Et cela passe par des engagements concrets. Après avoir délocalisé une partie de son activité à Madagascar dans les années 2000, l’entreprise est revenue à une fabrication entièrement française depuis avril dernier.

L’Alsace comme signature

L’entreprise revendique pleinement son identité alsacienne. Son histoire, son village de 600 habitants et son environnement participent désormais à son image de marque. “J’aime dire que nous avons probablement l’un des plus gros ratios de montres fabriquées par habitant.” Pour autant, cet ancrage local s’accompagne de la difficulté du recrutement dans l’industrie. Selon Laura Burgun, les métiers industriels souffrent encore d’une image dépassée. « Beaucoup de jeunes ignorent les opportunités qui existent aujourd’hui dans l’industrie. » Dans un secteur historiquement masculin, elle observe également une progression de la place des femmes aux postes de direction. « Il faut oser prendre sa place. Plus je suis confiante dans ce que je fais et dans ce que je dis, plus j’obtiens naturellement une relation d’égal à égal. »

Authenticité, transparence et adaptation, de belles valeurs qu’elle défend pour elle-même comme pour l’entreprise familiale. Depuis l’Alsace, Laura Burgun entend démontrer qu’il est possible de conjuguer production locale, développement international, authenticité et compétitivité.