Céline Leonardi, Covivio : L’immobilier de demain, une industrie des usages et des relations humaines.

Publié le 27 juillet 2026

Céline Leonardi est Directrice de la Commercialisation chez Covivio. Lauréate du palmarès Leadership Engagé 2025, elle revient sur son parcours et livre sa vision pour un immobilier au service de ses utilisateurs et de son environnement.

Covivio a fait le choix de placer l’expérience utilisateur au cœur de sa stratégie immobilière, une approche encore peu répandue dans le secteur. En quoi cet engagement change-t-il concrètement la façon de concevoir et de commercialiser des espaces de travail ?

Nous avons longtemps conçu les immeubles à partir de leur performance technique : leur localisation, leur architecture, leurs certifications. Ces dimensions restent essentielles mais ne suffisent plus. Aujourd’hui, la véritable question est : quelle expérience va vivre une personne lorsqu’elle franchit la porte de cet immeuble ?

Placer l’utilisateur au cœur de notre stratégie nous conduit à changer complètement de regard. Nous ne dessinons plus seulement des espaces ; nous concevons des parcours, des usages et des interactions. Cela suppose d’observer les comportements, de mesurer les attentes, d’écouter les entreprises mais aussi leurs collaborateurs, et de faire dialoguer des métiers qui travaillaient rarement ensemble : immobilier, design, hospitalité, marketing, exploitation, data ou encore sciences humaines.

Cette approche transforme également notre manière de commercialiser nos actifs. Nous ne parlons plus uniquement de mètres carrés ou de loyers. Nous accompagnons les entreprises dans leurs enjeux d’attractivité, de fidélisation des talents, d’innovation et de performance collective. L’immobilier devient un levier stratégique au service de leur projet d’entreprise.

À mes yeux, l’expérience utilisateur n’est pas une tendance. C’est une nouvelle manière de penser la création de valeur.

Vous avez construit votre parcours entièrement au sein de Covivio, de chargée de mission à membre du Comité Exécutif. Qu’est-ce que cette trajectoire interne vous a appris sur ce que signifie s’engager durablement dans et pour une organisation ?

Lorsque je regarde mon parcours, je n’ai pas le sentiment d’avoir exercé le même métier pendant près de vingt ans. J’ai eu la chance d’en exercer plusieurs au sein d’une même entreprise.

J’ai commencé dans une fonction très opérationnelle avant d’évoluer vers le développement commercial, le marketing, l’expérience client, le design des espaces, les bureaux opérés puis la stratégie européenne. À chaque étape, Covivio m’a offert la possibilité de me réinventer.

Cette trajectoire m’a appris qu’un engagement durable ne consiste pas à rester au même endroit. Il consiste à continuer à apprendre, à accepter de remettre en question ses certitudes et à se mettre au service d’un projet collectif plus grand que soi.

Elle m’a aussi appris que les transformations les plus profondes naissent rarement des silos. Elles apparaissent lorsque l’on crée des passerelles entre les disciplines, entre les métiers, entre les cultures ou encore entre les attentes des clients et celles des collaborateurs.

Enfin, je crois beaucoup à la confiance. Les organisations qui donnent de l’autonomie, qui autorisent l’expérimentation et qui acceptent que l’innovation comporte une part d’incertitude sont celles qui réussissent à se transformer durablement. C’est cette confiance qui m’a permis d’entreprendre tout en restant au sein de la même entreprise.

L’immobilier de bureau traverse une transformation profonde (télétravail, flex office, demande de services, exigences environnementales). Comment un acteur engagé comme Covivio contribue-t-il à redéfinir les standards du secteur, au-delà de ses propres actifs ?

Nous parlons encore souvent du bureau comme d’un actif immobilier. Je pense que c’est devenu bien plus que cela.

Le bureau est une infrastructure sociale. C’est un lieu où se rencontrent des équipes, où se transmet une culture d’entreprise, où émergent des idées, où se créent des liens et où s’incarne l’identité d’une organisation. Dans un monde où l’on peut travailler presque partout, la question n’est plus “pourquoi venir au bureau ?”, mais “qu’est-ce qui mérite le déplacement ?”.

Cette évolution oblige notre secteur à dépasser la seule logique immobilière. Il faut penser hospitalité, services, animation, flexibilité, impact environnemental, mais aussi contribution au quartier et à la ville. Un immeuble de bureaux ne peut plus vivre en vase clos ; il doit dialoguer avec son environnement et créer de la valeur pour un écosystème beaucoup plus large que ses seuls occupants.

C’est dans cet esprit que nous développons de nouveaux modèles, que nous expérimentons les bureaux opérés, que nous investissons dans la connaissance des usages et que nous faisons de la sobriété et du réemploi des leviers d’innovation autant que de responsabilité.

Je suis convaincue que les futurs leaders de l’immobilier ne seront pas uniquement ceux qui construiront les meilleurs bâtiments. Ce seront ceux qui sauront créer les lieux les plus désirables, les plus utiles et les plus vivants. L’immobilier de demain ne sera plus seulement une industrie de la pierre ; il sera une industrie des usages et des relations humaines.

Céline Leonardi est lauréate du palmarès Leadership engagé, en partenariat avec Les entreprises s’engagent, à retrouver dans son intégralité ici : Palmarès Choiseul Leadership engagé