Bérengère Alart, directrice générale de HelloAsso : l’engagement associatif à l’ère du numérique

Publié le 23 octobre 2026

Directrice générale de HelloAsso depuis octobre 2025, Bérengère Alart met l’innovation technologique au service de l’engagement citoyen. Lauréate du palmarès 2026 « Les 40 qui (re)créent du lien », elle défend ici une approche concrète de la solidarité : simplifier le quotidien des associations pour libérer du temps aux bénévoles et faire de l’entraide une norme au cœur de notre cohésion sociale.

On parle beaucoup, en ce moment, de ce qui divise les Français. Beaucoup moins de ce qui les relie. Et pourtant, chaque jour, des millions de citoyens consacrent une part de leur temps, de leur énergie ou de leurs ressources à une cause associative. Sans que cela ne fasse jamais la une. Cette invisibilité n’est pas sans conséquence : à force de parler des divisions, on finit par oublier combien de Français s’engagent chaque jour.

Elle existe. Elle s’appelle la trésorière d’un club de handball qui tient les comptes le dimanche soir, l’étudiant qui donne deux heures par semaine à une AMAP, le retraité qui organise la buvette d’une fête de quartier. Ces gestes n’ont rien de spectaculaire. C’est précisément leur caractère ordinaire qui fait leur force. L’engagement associatif n’est pas une exception qu’on célèbre une fois par an : c’est une pratique du quotidien, présente dans toutes les générations, tous les territoires et tous les milieux sociaux.

La technologie au service de l’engagement associatif

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Chez HelloAsso, nous voyons cette réalité de très près : 17 millions de personnes utilisent, depuis notre création, nos outils pour adhérer, donner ou participer à la vie d’une association. Notre rôle n’est pas de nous substituer à cet engagement, mais de simplifier les démarches administratives qui l’accompagnent — gestion des adhésions, collecte des dons, suivi des comptes — afin que les bénévoles consacrent davantage de temps à leurs missions. Notre modèle repose sur un principe simple : ce sont les citoyens eux-mêmes qui, grâce à une contribution volontaire, choisissent de financer les outils qui facilitent leur engagement associatif.

L’été 2026 a illustré de manière frappante la capacité des associations à transformer la solidarité en actions concrètes. Face aux incendies qui ont frappé la Gironde, les Landes puis d’autres territoires, coûtant la vie à des sapeurs-pompiers, nous avons vu, en quelques jours, des dizaines d’associations s’organiser pour soutenir les pompiers, les communes sinistrées et les habitants qui avaient tout perdu. Nous en avons été les témoins directs : plus de 90 associations ont ouvert des collectes sur notre plateforme, réunissant plus de 15 000 soutiens et plus de 1,7 million d’euros.

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’ampleur de l’élan : c’est la vitesse à laquelle des structures locales ont su s’organiser pour transformer l’émotion en action concrète, bien avant que les grands dispositifs ne se mettent en place. Parce qu’elles sont déjà là, ancrées dans le quartier ou la commune, elles savent qui a besoin de quoi, et elles agissent en conséquence.

Faire de l’engagement une norme plutôt qu’une exception, c’est le pari que nous faisons. Non pas en le décrétant, mais en documentant, en outillant et en donnant à voir ce qui, déjà, tient une part de notre cohésion collective. C’est un travail de fond, patient, largement invisible. Mais c’est probablement l’un des chantiers les plus utiles qu’il nous reste à mener ensemble.