Caroline Hilliet Le Branchu (Conserverie La Belle-Iloise) : « Agir en conscience »

Publié le 27 août 2026

Choiseul Magazine poursuit sa série d’articles mettant à l’honneur les lauréats du palmarès Leadership engagé, en partenariat avec Les entreprises s’engagent. À l’honneur dans cet entretien : Caroline Hilliet Le Branchu, Présidente-Directrice générale de la conserverie La Belle-Iloise qui s’engage sur des projets de mobilité durable, de qualité des produits et d’ancrage local.

Qu’est-ce qui distingue, pour vous, l’engagement d’un dirigeant d’entreprise familiale de celui d’un dirigeant salarié, et en quoi cette différence change-t-elle la nature des responsabilités que l’on s’impose ?

Dans une entreprise familiale, le dirigeant est souvent plus qu’un gestionnaire : il est le dépositaire d’une histoire, d’une culture et de valeurs qu’il a la responsabilité de faire vivre et de transmettre. Il incarne naturellement l’ADN de l’entreprise et se considère comme un passeur entre les générations.

Cette position crée une responsabilité particulière : celle de préparer l’avenir bien au-delà de son propre mandat. Les décisions se prennent avec une vision de long terme, en cherchant à préserver ce qui fait la singularité de l’entreprise tout en lui permettant d’évoluer. L’enjeu n’est pas seulement de développer l’entreprise, mais de la transmettre dans un état au moins aussi solide et porteur de sens que celui dans lequel on l’a reçue.

La Belle-Iloise s’est engagée concrètement sur des projets de mobilité durable, de qualité des produits et d’ancrage local. Comment préservez-vous la cohérence de cet engagement à mesure que l’entreprise se développe ?

A la belle-iloise, ces engagements ne sont pas une réponse à une tendance ou à une obligation extérieure ; ils sont le prolongement naturel de nos convictions. C’est tout le sens de notre démarche « Agir en conscience », qui guide nos décisions et notre développement.

Notre ambition est de développer notre entreprise de manière durable et pérenne, d’être capable de créer de la valeur sur le long terme pour ses collaborateurs, ses clients, ses partenaires et son territoire. Cette ambition ne peut se réaliser qu’en restant fidèles à notre mission et aux principes qui nous animent depuis l’origine.

La croissance n’a de sens que si elle reste cohérente avec nos engagements. C’est pourquoi nous veillons à intégrer ces exigences dans chacune de nos décisions stratégiques, afin que le développement de l’entreprise renforce nos convictions plutôt qu’il ne les éloigne.

En tant que présidente du Club ETI Bretagne, vous défendez l’idée que les entreprises de taille intermédiaire ont un rôle sociétal spécifique à jouer. Quel engagement attendez-vous concrètement des ETI vis-à-vis de leur territoire ?

Les ETI ont une place singulière dans l’économie française. Par nature, elles sont profondément ancrées dans leur territoire : elles y naissent, y grandissent et y construisent leur avenir. Cette proximité leur confère une responsabilité particulière envers l’écosystème dont elles font partie.

Une ETI recrute localement, travaille avec des partenaires locaux, participe à la vie économique, associative et parfois éducative de son territoire. Elle a donc intérêt à ce que celui-ci soit dynamique, attractif et vivant, pour ses collaborateurs comme pour les générations futures.

J’attends des ETI qu’elles assument pleinement ce rôle d’acteur engagé : soutenir les initiatives locales, contribuer au développement des compétences, accompagner la vie associative et participer à la vitalité du tissu économique. En réalité, une ETI ne peut prospérer durablement que si son territoire prospère avec elle. C’est une relation de réciprocité et de responsabilité mutuelle.