Artefact AI Film Festival : le cinéma next-gen ?

Publié le 30 mars 2026

MK2 et l’agence Artefact s’associent pour créer le premier festival français de films réalisés en IA. Les prémices d’une grande révolution sans acteurs ni décors ?

Un festival du cinéma de l’ultra-court-métrage (5 minutes par film ou plus exactement 314 secondes, référence au nombre Pi !), des metteurs en scène sans caméra ni acteur ni décors, attelés à leurs ordinateurs : le 5 juin se sont ouvertes les candidatures pour la première édition de l’Artefact AI Film Festival, la fête de l’intelligence artificielle aux manettes. Un festival dit next-gen, créé par MK2 et l’agence de communication Artefact, spécialiste des nouvelles technologies. Critère de sélection : tout ce que vous imaginez, pourvu que la prod soit 100 % IA à travers plusieurs outils d’élaboration créative en préproduction, production, et postproduction.

Comme pour tout festival, il faut un président. Ce sera Jean-Pierre Jeunet (Delicatessen, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Alien la Résurrection). Vingt œuvres seront diffusées sur la plate-forme Mk2 Curiosity, puis quatre seront sélectionnées et diffusées lors de la cérémonie de clôture, en novembre 2024.

On ne sait si les quatre lauréats auront droit à une statuette Hal (l’ordinateur fou de 2001 L’odyssée de l’espace), mais ils recevront de 1 000 à 10 000 euros, plus une aide pour leur prochain film. On est loin du mouvement de grève du monde du cinéma américain contre l’IA…

Néokinoïtes et bedroom movie makers

Un tel festival intervient 25 ans après la naissance en 1999 du mouvement Kino, mouvement cinématographique créé à l’aube des nouvelles technologies et dont les principes entrent en résonance avec les possibilités offertes par l’IA en 2024. Le mouvement Kino prône la création de films courts, sans budget, créés en petite équipe et dans un esprit d’entraide. La devise du mouvement : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant. »

À l’heure de l’IA, plus rien n’empêche désormais les aspirants artistes à s’essayer au cinéma, façon néokinoïte. Car les futurs Spielberg de l’IA – qui participeront peut-être à l’Artefact AI Film Festival – pourraient avoir commencé à l’aide d’un simple ordinateur doté d’une bonne connexion. Dans les années 1990, on a vu comment la démocratisation des outils de production musicale via les ordinateurs personnels a donné le moyen à des « bedroom producers » comme les Daft Punk de révolutionner le paysage musical mondial. Depuis une chambre d’ado, avec quelques logiciels et du talent quand même.

Des applications d’IA transforment en quelques clics un dessin d’enfant en vidéo. À quand l’apparition de « bedroom movie makers » ? Pas impossible. Le boss d’OpenAI, Sam Altman, écrivait récemment sur X que « les films vont devenir des jeux vidéo et les jeux vidéo vont devenir quelque chose d’inimaginablement mieux. » En attendant de voir comment évoluera le cinéma à l’ère d’OpenAI, rendez-vous à l’Artefact Film Festival.