Stéphanie Baron (Groupe BARON) : « Dans l’industrie, rien de durable ne se construit seul »

Publié le 09 septembre 2026

Crée en 1983, le Groupe BARON réunit aujourd’hui une dizaine de sociétés. Si son père semble n’être parti de rien, Stéphanie Baron appelle à des partenariats industriels renouvelés pour réussir la réindustrialisation des territoires et la souveraineté du pays.

Directrice générale du Groupe BARON depuis presque vingt ans, Stéphanie Baron hérite de l’entreprise de son père et poursuit son développement au cœur du territoire des Hauts-de-France. Lauréate du palmarès Choiseul qui distingue les dirigeants de cette région (Choiseul Hauts-de-France), elle plaide dans cette tribune pour la construction de véritables partenariats industriels entre les entreprises du secteur. Un engagement durable entre groupes, PME et ETI aux objectifs partagés et des intérêts spécifiques à chacun. Regard.

Entreprendre ensemble : le défi des partenariats industriels

En 1983, mon père crée l’entreprise qui deviendra le Groupe BARON. Autodidacte, issu d’un milieu modeste, il part de zéro, sans soutien bancaire, avec l’envie d’entreprendre et une conviction forte : rien ne se construit durablement sans engagement, solidarité et esprit d’équipe.

Plus de quarante ans après, cette conviction reste profondément ancrée dans notre entreprise. Lorsque j’ai rejoint l’aventure familiale en 2008, il ne s’agissait pas simplement de poursuivre une histoire. Reprendre progressivement le flambeau, c’est respecter les valeurs qui ont construit le groupe tout en apportant ma vision pour continuer à faire évoluer l’entreprise.

Aujourd’hui, le Groupe BARON rassemble une dizaine de sociétés et plus de 400 collaborateurs en France. Si l’entreprise est devenue ce qu’elle est, c’est avant tout grâce à un collectif. Savoir s’entourer des bonnes personnes, leur faire confiance et leur donner la capacité d’évoluer est essentiel.

Cette conviction dépasse les frontières de l’entreprise : dans l’industrie aussi, rien de durable ne se construit seul. Et c’est précisément là que commence, à mes yeux, la question du partenariat industriel.

Nous parlons beaucoup de partenariats. Pourtant, une relation commerciale ne devient pas un partenariat simplement parce qu’elle dure.

Construire un véritable partenariat industriel est difficile. Les entreprises qui travaillent ensemble n’ont pas toujours la même taille, les mêmes contraintes, les mêmes intérêts ni la même capacité à absorber le risque. Pour une PME ou une ETI, investir dans une technologie, recruter des compétences ou mobiliser des équipes pour répondre à un projet peut représenter un engagement important.

Comment créer les conditions d’un engagement durable tout en préservant les intérêts de chacun ?

Cette question est au cœur de la relation industrielle. Un partenariat solide se construit d’abord dans la durée, autour d’objectifs partagés et d’une compréhension mutuelle des enjeux.

Il prend toute sa valeur lorsqu’il permet d’anticiper, d’innover et de rechercher ensemble les meilleures solutions. Et lorsque des difficultés surviennent, qu’elles soient techniques, organisationnelles ou liées à l’évolution d’un projet, la qualité de la relation permet aussi de les aborder avec transparence et efficacité.

Le partenariat ne remplace ni l’exigence ni la maîtrise des risques : il crée les conditions pour mieux anticiper, progresser ensemble et faire de chaque projet une réussite collective.

Cet enjeu est d’autant plus essentiel à l’heure où nous parlons de réindustrialisation et de souveraineté. Investir dans nos technologies, nos outils et nos compétences est indispensable. Mais cela ne suffira pas.

La force de notre industrie reposera sur notre capacité à construire des relations durables. Réindustrialiser, c’est aussi créer les conditions pour que les entreprises puissent investir, innover et s’engager ensemble dans la durée.

Entreprendre ensemble la réindustrialisation, c’est comprendre que la performance de chacun dépend aussi de la qualité des relations que nous construisons.

C’est, à mes yeux, tout le défi — et toute la force — d’un véritable partenariat industriel.

Pour découvrir le palmarès Choiseul Hauts-de-France : Palmarès Choiseul Hauts-de-France