La reprise d’entreprise, angle mort de notre stratégie économique

Publié le 20 janvier 2026

La France traverse une période de fragilité économique profonde. Défaillances d’entreprises en hausse, désindustrialisation persistante, tensions sur l’emploi : les signaux d’alerte s’accumulent. Pourtant, au cœur de cette crise silencieuse, un levier puissant reste largement sous-exploité : la reprise d’entreprise.

Chaque année, près de 60 000 PME ferment en France faute de repreneur. Non pas parce qu’elles ne sont pas viables, mais parce que personne n’a pris le relais au moment clé. Derrière ces fermetures, ce sont des emplois supprimés, des savoir-faire perdus et des territoires qui s’affaiblissent. Le phénomène va s’accélérer : d’ici 2030, 500 000 dirigeants partiront à la retraite, représentant près de 3 millions d’emplois potentiellement menacés si la transmission n’est pas anticipée.

Reprise d’entreprise : un levier immédiat pour préserver l’emploi et l’industrie

La reprise d’entreprise n’est pourtant ni marginale ni secondaire. Elle constitue l’un des moyens les plus rapides et les plus efficaces de préserver l’emploi et de maintenir une base productive sur le territoire. Une entreprise reprise a davantage de chances de survie qu’une entreprise créée ex nihilo, et permet de sauvegarder immédiatement des dizaines, parfois des centaines d’emplois. C’est de la réindustrialisation concrète, sans attendre dix ans ni mobiliser des milliards.

Pourtant, notre écosystème reste mal structuré : procédures complexes, manque de visibilité des entreprises à céder, financement difficile, absence de culture de la transmission. Résultat : trop d’entreprises ferment par défaut, alors qu’une reprise aurait été possible.

Faire de la transmission un pilier de la stratégie économique française

Il est temps de changer de paradigme. La transmission et la reprise doivent devenir un pilier central de notre stratégie économique. Cela passe par des mesures simples et rapides : anticipation obligatoire de la cession, simplification des procédures collectives, outils de financement dédiés, plateformes unifiées de mise en relation, mobilisation des territoires. Des ajustements essentiellement réglementaires peuvent produire des effets significatifs en quelques mois.

Bâtir une véritable « Repreneur Nation », c’est refuser la fatalité du déclin. C’est choisir de préserver notre tissu économique existant avant de rêver à de nouvelles usines. C’est aussi redonner de l’espoir aux salariés, aux entrepreneurs et aux territoires.

La reprise d’entreprise n’est pas un sujet technique : c’est un enjeu de souveraineté économique et de cohésion sociale. Et sans doute l’une des clés les plus immédiates pour remettre la France en mouvement.

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