La startup Hopium veut devenir le « Tesla français » de la voiture

Publié le 12 avril 2021
hydrogène

Hopium, une jeune start-up française, se rêve en principal concurrent de Tesla avec le développement du premier véhicule haut de gamme zéro émission propulsé à l’hydrogène.

Hopium souhaite commercialiser une berline sportive et propre à 120 000 €. Le projet, prévu pour 2026, est de taille, et le modèle inventé est complet et ambitieux, puisque l’entreprise annonce une puissance de 500 chevaux, une autonomie de 1000 km et un temps de charge record de 3 minutes. Il s’agit d’une technologie de pointe, équipée d’une conduite autonome de haut niveau, qui pourra être bridée selon les législations des pays où elle sera vendue.  La voiture offrira aussi une large palette de fonctionnalités pour la musique, les films, et les visioconférences.

Hopium dit même réfléchir à connecter son bijou technologique aux domiciles de ses acheteurs et à leurs appareils et la start-up compte aussi investir dans la blockchain pour sécuriser les interactions de données du véhicule. L’idée est de concevoir un cocon connecté où la technologie est au service de l’homme, d’où la nomination du premier modèle Hopium Machina.  Son design futuriste et affûté a été pensé en collaboration avec Félix Godard, un ancien salarié de Porsche. La seule contrainte était d’intégrer une grille d’aération d’où la calandre imposante sur le devant du véhicule, car technologie de la pile à combustible nécessite un circuit de refroidissement conséquent.

L’entreprise, qui espère un chiffre d’affaires d’1 milliard d’euros d’ici 2030, veut devenir la marque de référence mondiale de la mobilité à l’hydrogène. Hopium, fondée en 2020, se rêve même en principal concurrent de Tesla d’ici les cinq prochaines années. La clientèle de luxe commune aux deux business est soucieuse de l’environnement, et les barrières technologiques liées à l’électrique laissent penser que l’hydrogène pourrait répondre à ces nouvelles exigences, notamment en ce qui concerne le temps de recharge et la légèreté du véhicule. Les deux marques diffèrent pourtant dans leurs valeurs. Si Tesla est connue pour être orientée vers son produit, Hopium semble concentrée à créer un nouveau lien entre l’homme et son véhicule. En effet, la marque dit questionner l’usage de la voiture afin qu’elle soit plus qu’un moyen de locomotion et veut donner, grâce à la technologie, une nouvelle dimension au temps occupé par la conduite. C’est l’idée d’Olivier Lombard, son fondateur qui est aussi le plus jeune vainqueur des 24h du Mans et un expert en hydrogène. 

En effet, il a collaboré avec GreenGT, un laboratoire d’ingénierie suisse qui travaille sur la propulsion hydrogène, convaincu qu’il s’agit  là de l’avenir de l’automobile. Olivier Lombard va bénéficier du plan d’investissement de 7 milliards d’euros du gouvernement français en la matière. Si la France envisage l’implantation de 1000 stations de recharge d’ici 2030, Olivier Lombard affirme qu’il co-développera lui-même un réseau de stations avec le leader du secteur si le maillage national s’avère finalement trop faible. Le contexte est donc très favorable : le malus écologique est devenu plus strict en 2021 et le moteur à l’hydrogène, qui est moins polluant que l’électrique, se généralise. 

La start-up entre en bourse pour se financer

Après deux levées de fonds de 1,7 millions et 5 millions d’euros, Hopium fait son entrée en bourse dans l’objectif de financer les cinq prochaines années de développement du modèle Machina. Les enjeux sont grands, et le projet est financé par les plus grands, notamment Total et Michelin. Fin février l’entreprise valait plus de 200 millions d’euros. Hopium est entourée de partenaires financiers expérimentés du monde automobile et industriel. Parmi ses soutiens, nous relevons Javier Gimeno, le Directeur Général du groupe Saint-Gobain pour la région Asie-Pacifique, Benoist Grossmann, le Managing Partner d’Idinvest Partners et d’Eurazeo Growth ou encore de Sylvain Laurent, l’Executive Vice President de Dassault Systèmes.

Hopium compte construire ses berlines en France et déployer ses ventes en Europe, en Chine, en Corée du sud, au Japon et aux Etats-Unis. Les échéances sont fixées, le premier prototype de l’Hopium Māchina est annoncé pour juin 2021, en 2022 l’entreprise va mener des études d’implantation de l’usine en France afin de lancer la production en 2025 et de la commercialiser en 2026. Si la start-up prévoit de vendre 1700 à 2000 voitures la première année, elle espère atteindre un volume de 8 000 véhicules en 2030. Peut-être un futur géant français de l’automobile propre et un concurrent sérieux pour les grands constructeurs du monde dans ce secteur ?