Le Costa Rica avait besoin d’un changement, notamment dans sa lutte contre la corruption

Publié le 16 août 2023
Rodrigo CHAVES ROBLES

Rencontre exclusive avec le Président CHAVES ROBLES qui explique, pour Choiseul Magazine, ses priorités pour le Costa Rica et la méthode, inédite dans son pays, pour réaliser son programme. Propos recueillis par Pascal Drouhaud.

La République du Costa Rica occupe une place particulière en Amérique centrale. Pays sans armée, il revendique son attachement au multilatéralisme, à la promotion du droit international, à la lutte contre le changement climatique.

Depuis le 8 Mai 2022, le Costa Rica est dirigé par le Président Rodrigo CHAVES ROBLES. Economiste ayant fait l’essentiel de sa carrière au sein de la Banque mondiale, il a été élu le 3 Avril 2022 contre toute attente, en tenant un discours de vérité et proximité, en promettant de relever les défis internes qui se présentent: à la suite de la crise sanitaire, les finances publiques se sont dégradées, entrainant des tensions sociales et une révision des plans d’infrastructures. Le Costa Rica mise plus que jamais sur la promotion de l’environnement, la volonté de devenir un modèle régionale en  matière de transition économique, pour rester un pôle stabilité en Amérique centrale.

Monsieur le Président, vous avez été élu le 3 Avril 2022, à la Présidence de la République du Costa Rica. Votre élection a été une surprise : vous n’êtes pas issu de la classe politique traditionnelle et vous avez fait campagne en affirmant vouloir « nettoyer » le Costa Rica. De quoi s’agit-il ? De quoi doit être « nettoyé » le Costa Rica ?

26 candidats se présentaient à cette élection présidentielle. Les résultats ont été inespérés sur le plan politique et ont montré la force de la démocratie costaricaine. Candidat, je détonnais : j’ai vécu 36 ans hors du pays, en étant un cadre et responsable régional dans plusieurs organisations financières internationales. Je venais de rentrer dans mon pays en 2020. Et pourtant, j’ai été élu le 3 Avril 2022. Personne ne me connaissait. Je n’avais pas de parti politique traditionnel, aucune structure particulière. Je ne disposais pas d’une force économique liée aux structures politiques traditionnelles. Mais je parlais clairement, en disant à mes compatriotes ce que je pensais et les solutions qui existent à nos problèmes.

Pourquoi les Costaricains vous ont-ils élu ?

Je pense que le message qui consistait à dire que le Costa Rica avait besoin d’un changement, notamment dans sa lutte contre la corruption, pour l’amélioration des services publics, a été entendu. Cette élection était inédite : j’affrontais, au second tour contre un candidat qui représentait le parti politique le plus ancien dans mon pays. Et pourtant, j’ai gagné !

J’étais différent des autres par mon parcours professionnel mais aussi parce que je n’étais lié à aucun groupe d’intérêts ou forces politiques qui ont d’ailleurs, mal géré mon pays. Je parlais directement au peuple, ne disposant pas de relais établis. Comme les médias traditionnels ne parlaient pas de moi, j’ai dû tout créer avec une idée précise : dire la vérité à mes compatriotes sur la situation de notre pays. Je parlais avec d’autant plus de conviction que personne ne peut dire que j’étais lié à des intérêts particuliers.

Vous avez fait de la lutte contre la corruption, un pilier essentiel de votre action. Sous quelle forme existe-t-elle au Costa Rica, pays qui a pourtant une image vertueuse dans le monde ?

Costa Rica

Rencontre économique au Médef autour du Président costaricien, Mars 2023. Crédit : P. Drouhaud.

La corruption existe partout. Elle apparait sous deux plusieurs formes contre lesquelles je me bats, l’une d’elle étant l’utilisation de politiques publiques en faveur de certains monopoles. Le marché agro-alimentaire est directement concerné : par exemple, l’importation de produits alimentaires notamment le riz. Pourquoi 4 ou 5 personnes pourraient-elles importer du riz en violation des règles de concurrence ? Monopoles dans le secteur de la santé, dans l’accès aux médicaments mais également dans l’important des engrais. Cela a des conséquences sur des pans entiers, notamment le secteur rural.

Il s’agit ici, d’une corruption légale : l’état déclare, utilisant ses compétences, que tel groupe établi, peut importer des produits. « Vous seul, pouvez importer tel ou tel produit ». J’ai mis fin à cette situation en faveur des monopoles en me heurtant à ces groupes.

Un autre exemple ? La corruption dans notre système de retraites : nous avons un système par capitalisation. Les fonds de pension assurent des prêts à des moyens de communication qui sont sur le point de faire faillite. Ils les sauvent par ce moyen. Ce n’est pas illégal. C’est immoral.

Par ailleurs, la corruption existe dans les appels d’offre des grands projets publics. Ils étaient établis sur mesure, en fonction des intérêts d’un tel ou d’un autre. J’ai sifflé la fin de la partie ! Le peuple l’a reconnu et je remercie mes compatriotes. Malgré les menaces et les diffamations, je tiens le cap.

Pensez-vous que votre parcours professionnel, mené dans les organismes financiers internationaux, alimente votre crédibilité auprès de vos compatriotes ?

J’ai travaillé dans 42 pays dont le dernier, l’Indonésie où j’ai vécu 6 ans et demi. J’y ai dirigé le plus important programme de développement d’une des institutions financières internationales parmi les plus puissantes, la Banque mondiale. Le fait d’avoir travaillé en Asie, en Europe, en Amérique latine, m’a permis de mesurer les politiques publiques qui fonctionnent et les autres. Lesquelles génèrent de la prospérité et d’autres, les crises.

J’ai expliqué à mes compatriotes ce que faisait Singapour, ce qui fonctionnait dans tel ou tel autre pays, chacun ayant certes son schéma de croissance et de développement. Les pays baltes font telle chose, bien. Et je demandais pourquoi nous ne pourrions pas nous inspirer de certaines mesures pour apporter des solutions à nos problèmes. Je pense que s’est diffusé dans la population l’idée que j’étais de bonne volonté et surtout, que je pouvais répondre à leurs préoccupations.

Votre expérience internationale explique-t-elle le fait que le Costa Rica, dès votre arrivée au pouvoir, ait pris une décision très claire en faveur de l’Ukraine ?

Certainement mais pas seulement. J’ai conscience de ce qu’est l’esprit costaricien. Nous n’avons pas d’armée. Nous n’avons pas un seul avion de guerre, encore moins de navires armés. Et pourtant, ma nation a vécu et vit en faisant confiance à l’état de droit international. Quand un pays comme la Russie, envahit de manière illégale un voisin, le Costa Rica se lève et dit : « Non. Nous n’appuyons pas cela ».

Comme président, j’ai dénoncé l’agression russe contre l’Ukraine de manière très claire à tel point que j’ai même été accusé, devant la cour des droits des citoyens, de violer les principes de neutralité du Costa Rica. La Cour m’a rendu justice en affirmant que la neutralité de mon pays est militaire. Elle n’est pas politique.

Vous venez de parler de « neutralité ». Comment percevez vous la posture neutre adoptée par votre continent, l’Amérique latine, sur le conflit en Ukraine ? (elle s’est notamment traduite par la décision de ne pas répondre favorablement à la demande de la Générale Laura Richardson, Commandante du SOUTHCOM, d’apporter un soutien logistique à l’Ukraine ?)

Comme je l’ai indiqué, le Costa Rica est un pays respectueux du droit international. Sur le dossier ukrainien, nous avons pris nos responsabilités dans le respect de notre identité et de ce qui fait la force de mon pays : le respect et la confiance que nous portons au droit international. C’est pourquoi, j’assume ma position et ma dénonciation de la Russie depuis son agression contre l’Ukraine.

D’autres pays ont voulu attendre de voir ce qu’il se passait et rester muets. Nous ne partageons pas cette approche. Le Costa Rica est un petit pays, certes. Mais nous partageons dans le monde, un élément de notre identité : nous sommes un pays pacifique. Nous sommes désarmés. Mais nous croyons profondément dans le droit international. Et nous allons poursuivre avec cette position. Vous, savez, je respecte la position de mes homologues latino-américains. Mais je ne partage pas la position qui consiste à se taire sur le conflit actuel en Ukraine.

J’assume ma position et ma dénonciation de la Russie depuis son agression contre l’Ukraine.

Le Costa Rica est voisin du Nicaragua. Quelles sont vos relations avec le Nicaragua ? Comment faites-vous face à la crise nicaraguayenne ?

Géographie du Costa Rica

Géographie du Costa Rica

Le Costa Rica a reçu des immigrants du monde entier. Par exemple, après la 1ère guerre mondiale, nous avons accueilli des personnes venant du Moyen-orient, certains d’Europe du sud et des Balkans. Puis ce furent des personnes originaires d’Europe centrale et orientale. Nous avons accueilli des représentants de différentes religions, dont la religion juive.

L’Amérique centrale compte sur une communauté importante. Nous avons reçu bien sûr, des ressortissants d’Asie et d’Amérique latine, essentiellement d’Argentine, du Chili et du Vénézuéla. Aujourd’hui, 20% de notre population issue de l’immigration, est d’origine nicaraguayenne. La majorité d’entre eux recherche de meilleures conditions de vie. Mais cette situation a un coût élevé : mon pays leur offre l’accès aux services publics, à la santé, éducation et sécurité publique.

Nous dépensons 200 à 300 millions de dollars chaque année pour que ces personnes aient une perspective de vie décente. Je suis vigilant car ces personnes ne paient pas d’impôts. La très grande majorité travaille dans le secteur informel. Par conséquent, les conditions économiques sont dures d’autant plus que nous ne recevons pas d’appui international, ni des Etats-Unis, du Canada ou de l’Union européenne. N’oubliez pas que si nous n’avions pas adopté cette posture d’accueil, ces personnes chercheraient à s’y rendre.

Notre inquiétude actuellement, concernant ce sujet social, qui fait suite à la situation au Nicaragua, est le coût engendré pour le pays. Nous nous inscrivons dans notre tradition d’accueil mais nous devons tous savoir, que ces vagues d’immigration coutent à l’ensemble de la communauté nationale.

Vous parlez de votre relation avec l’Union européenne et les Etats-Unis. Mais quelle est le lien qui vous relie à la Chine ? Quel regard portez-vous sur la décision du Honduras de reconnaitre la République populaire de Chine et de rompre avec Taiwan ?

Le Costa Rica, depuis 2007, reconnait la République populaire de Chine. Nous sommes le 1er pays d’Amérique centrale à s’engager sur cette voie, rompant avec des décennies de relations avec Taiwan, installant son Ambassade à Beijing, et non plus à Taipeh.

Je respecte les décisions de politique étrangère du Honduras. Nous avons pour notre part, un accord de libre échange de commerce avec la République populaire de Chine. Nos relations diplomatiques sont constructives. La Chine et les entreprises chinoises n’ont pas beaucoup investi au Costa Rica. Je rappelle que nous sommes le seul pays à avoir signé un accord de libre échange à la fois avec les Etats-Unis et la Chine. Nous souhaiterions une amélioration du commerce et des investissements chinois dans le cadre de l’intérêt mutuel.

Et les Etats-Unis ?

Avec les Etats-Unis, notre relation existe depuis plus de 150 ans. Le Costa Rica est un pays démocratique qui s’est inspiré notamment, de la France ou des Etats-Unis : le respect de la liberté individuelle est essentiel pour nous. N’oubliez pas que la relation avec les Etats-Unis est importante car ils sont notre premier partenaire économique. La majorité des touristes qui viennent dans notre pays, sont originaires des Etats-Unis, renforçant les liens culturels ou économiques.

Sur le plan national, le Costa Rica a l’image d’un pays moteur en matière de protection de l’environnement. Par exemple, vous organisez avec la France, la conférence des Nations unies sur les océans qui se tiendra en Juin 2025 à Nice. Quelles retombées économiques attendez- vous de ce positionnement ?

Chavez Robles

Rodrigo Chaves Robles et Christian Estrosi, Mars 2023. Crédit : P. Drouhaud.

Le Costa Rica a dans son ADN, un amour pour la nature, la conscience de l’environnement. Nous savons qu’il existe une seule planète avec un seul océan. Ce ne sont pas « les océans ». Il s’agit de « l’océan », un seul espace maritime global sur la planète. Et l’océan ne connait pas les frontières. Plutôt que de penser à un rendement, à court terme, sur le plan économique, les Costaricains, avec la France voient plutôt un engagement commun : nous ne pouvons pas voler le futur des générations qui vont nous succéder. Notre responsabilité présente est de créer la conscience et les actions spécifiques pour protéger l’environnement.

Le Costa Rica, sur son territoire, a déjà réalisé une grande partie de ce qui doit être fait pour assurer une préservation de notre environnement naturel : nous protégeons nos forêts. Plus encore, nous avons reboisé le pays : 55% de notre territoire national est couvert de bois. Au sortir des années 1980, il s’agissait de 24%. 30% de nos eaux territoriales sont protégées.

Nous ne pouvons pas voler le futur des générations qui vont nous succéder.

Votre projet politique sur lequel vous avez été élu en 2022, s’inscrivait dans une volonté d’unité nationale. Sur le plan économique, comment intégrer la population qui vit dans le secteur informel de l’économie ?

L’informalité abime la productivité. Une entreprise informelle est par définition, petite. Elle ne peut pas répondre aux exigences de la production. Elle n’a pas accès aux crédits, aux marchés organisés.

Elle doit opérer à l’ombre de la loi. Cela ne sert personne. Il nous faut créer un environnement fiscal, et des contributions aux charges sociales qui fassent que la formalité ne soit pas aussi chère qu’elle ne l’est aujourd’hui. C’est ça le problème de l’informalité et de la fragilité économique pour nous, aujourd’hui. C’st d’ailleurs le cas d’une grande partie du monde.

Pour notre part, nous reformons notre système fiscal afin de créer les conditions d’une protection par l’État, des institutions formelles : santé, retraite etc..

En quoi votre expérience des institutions financières est elle un atout pour le Costa Rica ? L’un des grands défis financiers du Costa Rica est le coût élevé de sa dette par exemple.

Naturellement. Beaucoup des gouvernements par le passé, depuis 30 ans, ont administré de manière irresponsable, les finances publiques :   1) en laissant filer les déficits qui exigent une dette publique ; 2) ils ont trop investi dans des secteurs non productifs. Il y a eu des réductions d’investissements dans les infrastructures, dans le développement technologique.

Par conséquent, une dette énorme a été créée avec un taux d’intérêt élevé. Ma préoccupation première a été, dès mon arrivée la Présidence, de m’engager sur la voie d’une discipline budgétaire pour pouvoir donner les conditions, à l’État, d’assurer son soutien à la population.

Consolider l’économie, renforcer l’appareil productif et d’innovation, ramener le plus grand nombre pris dans le travail informel sur la voie du formel, autant d’axes que j’engage. Pour la 1ère fois, au terme d’une année de gestion précise, la dette publique n’a pas augmenté. Les agences de qualification ont même amélioré la note de la dette souveraine du Costa Rica. La réduction du taux d’intérêt sur notre dette, est une de mes priorités.

Le problème des migrants est il une menace pour l’intégration centraméricaine ?

L’être humain veut améliorer sa vie. Il souhaite que ses enfants vivent mieux et recherche les lieux qui peuvent lui offrir ces conditions. Nous vivons une situation critique: au Venezuela, où l’inflation est énorme, les salaires ne permettent pas de satisfaire les besoins essentiels.

Plusieurs millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays et se sont dirigés vers la Colombie. Puis ce fut, pour une partie importante d’entre eux, le Panama et le Costa Rica, avant de tenter de rejoindre le Mexique. C’est un problème pour tous les pays de la région. Nous voyons  tous les jours, par exemple dans les rues de notre capitale, San José, des Vénézuéliens qui mendient ou ont des emplois précaires.

Nous essayons de les aider mais naturellement, il existe une destruction sociale importante pour ces personnes mais également nos sociétés. Beaucoup restent dans nos pays, de manière illégale. Il s’agit là d’un déséquilibre entre ces réalités de crise et la prospérité des Etats unis.

Comment pourriez-vous qualifier l’intégration centraméricaine ?

Nous avons l’opportunité de donner une nouvelle impulsion au projet d’intégration de notre région. Le secrétariat général du Système d’intégration centraméricain (SICA) avait été vacant quelques mois, avant qu’un accord des pays membres ne soit obtenu sur la nomination de Werner Vargas, nicaraguayen, au poste de secrétaire général. Il s’agit d’un secrétariat général tournant. Pour la période 2022-2026, il revenait au Nicaragua . Vous comprenez les débats que nous avons eus. Le Costa Rica a adopté une position qui consistait à appuyer le Nicaragua, ce qui a permis de débloquer la situation d’impasse dans laquelle nous nous trouvions.

Politiquement, cela m’a coûté cher : tous les anciens Présidents du Costa Rica m‘ont critiqué. Une lettre publique a même été publiée dénonçant la position que j’avais prise. Je pense que le SICA serait mort si nous n’avions pas donné une nouvelle opportunité de relance du système. Nous n’avons pas appuyé le Nicaragua, une personne en particulier. Nous avons privilégié l’intégration de la région afin que le travail réalisé et ce projet ne disparaisse pas.

Quelles sont les personnalités historiques qui vous ont marqué ?

Les philosophes français ont influencé ma pensée : Montesquieu, Rousseau, Diderot. J’admire Winston Churchill. J’aime l’intelligence émotionnelle du Mahatma Gandhi. Si vous ne connaissez pas l’histoire, vous êtes condamné à la revivre. Ne regardez pas derrière pour construire l’avenir. Gandhi a dit que la meilleure manière d’imaginer le futur est de le construire.

Comment se traduisent à vos yeux, ces notions de courage et de franchise?

Ma grand-mère me disait : « Que celui qui ne supporte pas la chaleur, sorte de la cuisine ! ». Si vous voulez être dans un environnement aussi compétitif que la politique, vous devez vous connaitre et regarder dans les yeux les personnes en étant convaincu que ce que vous faites, est bon pour la majorité. Celui qui a « une peau sensible » face aux critiques, à une forme d’assassinat moral, de résister aux « fake news » tout autant qu’aux possibilités d’un attentat, ne peut pas résister à cet univers.

Depuis votre accession à la Présidence, vous êtes très attaqué. Comment expliquez-vous cette situation ?

Je touche des intérêts puissants et profonds : le crime organisé, la corruption, les groupes d’intérêt économiques, certains moyens de communication qui essaient d’utiliser leur influence sur l’opinion publique pour en tirer un bénéfice personnel. Il est dans ce contexte normal qu’il y ait des pages entières d’informations fausses me concernant dans les journaux, les télévisions, sur internet. Mais la merveille pour le moment, réside dans le fait que la grande majorité des Costaricains est convaincu que je travaille bien. « Nous faisons confiance à Chaves Robles ».

Etes-vous un homme de foi ?

Absolument. Je cherche Dieu dans ma démarche personnelle. Je ne suis pas un fanatique religieux. Je respecte à toutes les religions et les personnes qui ont une vision de l’Univers différente. Si vous me demandez : « Croyez-vous en Dieu » ? Je vous réponds : Absolument.

Vous utilisez le terme de patriotisme. Comment se traduit-il au Costa Rica, qui ne dispose pas des instruments associés à cette notion comme une armée ?

Le patriotisme est le même partout : il s’agit de penser au-delà des intérêts personnels d’un individu, d’une ambition de pouvoir d’un responsable politique. C’est penser au bien-être commun. Penser comment notre patrie peut être meilleure. Winston Churchill disait : un homme d’État est celui qui pense à la prochaine génération. Un politicien est celui qui pense à la prochaine élection.

Le patriotisme est être un homme d’Etat. Penser que la société doit offrir une égalité d’opportunités à tous ses compatriotes. Il ne s’agit pas d ‘une égalité de résultats : je ne dis pas que tout le monde doit être habillé de la même manière, gagner la même chose. Mais il s’agit d’une justice, celle d’offrir par le mérite, la même chance pour tous. C’est aussi en partie, ce pour quoi je me bats et je me sens en parfaite conformité avec l’esprit qui anime le Costa Rica et sa population.