La Banque de France réalise un stress-test sur le changement climatique pour les assurances et banques françaises

La Banque de France participe à un « stress test climatique » pour évaluer les conséquences financières de différents scénarios de mise en œuvre de la transition carbone pour les banques et assurances françaises.

La Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont présenté dans les derniers jours les résultats des stress tests pour les banques et assurances françaises. Ces derniers avaient pour objectif de tester les impacts financiers des politiques de transition vers la neutralité en carbone d’ici 2050. Cet exercice se voulait « une première mondiale », comme le précise l’ACPR. L’initiative veut démontrer « la mobilisation de la Banque de France », alors que l’institution a récemment coordonné ses actions pour le climat dans un centre dédié. Par cette méthodologie, la Banque de France entend se positionne en leader de la lutte climatique chez les régulateurs financiers. A quelques mois de la COP26, et alors que les Etats-Unis ont réintégré les Accords de Paris pour le Climat, le sujet préoccupe de plus en plus les Etats.

Pour cette opération, réalisée auprès de neuf groupes bancaires et 15 groupes d’assurances, quatre scénarios ont été imaginés. La réponse au réchauffement climatique n’étant pas unique, il s’agissait de simuler une transition écologique plus ou moins anticipée dans le temps ou plus ou moins brutale dans sa mise en œuvre. Le dernier scénario concernait la possibilité d’un réchauffement incoercible marqué par une hausse de 1,4 à 2,6°C d’ici 2050. Le but était dans ce cas d’évaluer le risque « physique » pour les assureurs dont le métier est d’indemniser les personnes face aux risques naturels. 

Denis Beau, sous-gouverneur de la Banque de France a confirmé, lors d’une conférence de presse que les banques et assurances subissent « une exposition globalement modérée aux risques de transition ». Cela est dû au fait que les secteurs, touchés par les politiques de transition, tels que le pétrole, le gaz, la culture et production animale, la gestion des déchets ou encore l’industrie chimique ne représentent que 9,7% du portefeuille de crédit pour les banques et 17% pour les assurances.

Des résultats « à prendre avec prudence »

La méthode a d’ailleurs rencontré quelques critiques. Paul Schreiber, chargé de campagne pour l’ONG Reclaim Finance, estime par exemple que les ajustements du rapport sont « marginaux » expliquant qu’aucun scénario « n’est vraiment crédible » étant trahi par un optimisme important. La Fédération bancaire française de son côté identifie des  « axes d’amélioration possibles » pour éviter  « une hausse non maîtrisée du coût du risque » et  « un retard dans la transition climatique ». L’institution souligne que l’engagement des banques au service de la transition climatique de leurs clients risque de modifier le profil de risque de crédit.

L’évaluation quantifiée des risques, notamment hors de France, étant délicate, les résultats sont à prendre avec prudence. « Nous allons évidemment progresser au cours des exercices ultérieurs » qui se dérouleront en 2023 et 2024, a confirmé Jean-Paul Faugère, vice-président de l’ACPR. D’ici là d’autres stress tests doivent être réalisés prochainement par la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre.