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Nicolas Chamussy, ancien d’Airbus Space Systems, prend les rênes du groupe d’armement Nexter

Nexter, propriété du groupe franco-allemand KNDS, leader européen de la défense terrestre, va avoir un nouveau directeur général demain, avec la nomination à sa tête  de Nicolas Chamussy, ex-conseiller spatial d’Airbus et membre du Comité Exécutif.

Diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1987 puis de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris en 1992, Nicolas Chamussy a été nommé responsable du secteur de l’énergie à la direction au Budget au Ministère de l’Economie et des Finances en 1996 avant de rejoindre, trois ans plus tard le groupe Airbus, où il s’est distingué dans plusieurs postes de direction successifs. Dès son entrée en fonction, prévue pour le 1er avril, il devra relever le défi de la livraison de plus de 2 100 véhicules blindés aux armées d’ici 2030, et représenter les intérêts des industriels français au sein du partenariat franco-allemand pour le programme de chars du combat du futur. La lenteur de la décision de nomination de Nicolas Chamussy a d’ailleurs surpris et inquiété les experts du secteur, qui y ont vu une erreur des Français dans le rapport de forces interne avec le gouvernement allemand, et la preuve d’un manque d’attention pour cette nomination stratégique.

Des enjeux majeurs, dans un contexte de coopération franco-allemande parfois complexe

Désormais, Nicolas Chamussy aura en tout cas plusieurs défis majeurs à relever, dans un secteur stratégique en termes de souveraineté, de défense et de sécurité des intérêts nationaux et européens. En effet, associé à Thales et Arquus (ancien Renault Trucks Defense), Nexter s’est engagé à livrer plus de 1800 véhicules pour les armées françaises et à réaliser la rénovation de 200 chars Leclerc d’ici 2030. Quant à la problématique du leadership français, elle est au cœur de la coopération puisque la direction générale de la KNDS a été confiée à l’allemand Frank Haun. La nouvelle gouvernance a donc bien été conçue pour assurer la préservation de l’équilibre franco-allemand, avec également une alternance de nationalité à chaque changement de directeur général. 

La question du leadership franco-allemand s’est également illustrée dans l’actualité récente lorsque, suite à un recours en annulation du leader allemand de l’espace OHB System, la justice de l’Union européenne a gelé le projet Thales Alenia Space/Airbus pour la conception de la prochaine génération du système Galileo de positionnement par satellites. Thales et Airbus avaient décroché, suite à un appel d’offres, les contrats leur permettant de s’engager dans le projet Galileo. L’annulation a concerné les contrats d’une valeur de 1,47 milliards d’euros pour la construction de six satellites par Thales Alenia Space en Italie ainsi que six satellites par Airbus Defense and Space en Allemagne.  Un porte parole de l’exécutif européen s’est exprimé à ce propos en déclarant que « la Commission estime qu’elle a en sa possession des éléments solides à soumettre à la Cour, qui pourraient débloquer la situation dans les plus brefs délais ». 

Les enjeux de gouvernance de groupes aussi stratégiques pour notre pays et pour les intérêts européens ont en tout cas fait l’objet de discussions de haut-niveau entre Paris et Berlin, et continuent de constituer des points très sensibles entre les deux pays. A l’heure où la relance industrielle est une priorité des deux côtés du Rhin, malgré certaines différences d’appréciation sur les priorités en termes de stratégie de défense, l’arrivée de Nicolas Chamussy à la tête de Nexter signe en tout cas une nouvelle page à suivre pour l’armement.