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L’Iran s’organise pour défier Joe Biden dès le début de son mandat

Depuis le début de 2021, l’Iran enchaîne la mise en place de mesures hostiles sur le front du nucléaire, accentuant ses pressions sur Joe Biden, à l’aube du commencement de son mandat en tant que Président des Etats-Unis. L’objectif : une levée des sanctions pesant sur Téhéran.

Signé en 2015, l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou Joint Comprehensive Plan of Action (JCPoA) devait voir la fin des sanctions imposées à l’Iran. Cependant, depuis 2018, le retrait de Donald Trump de l’accord avait résulté en une reprise drastique des sanctions financières sur le pays, plus importantes encore que celles précédent la mise en place du JCPoA. Depuis, une escalade des tensions entre les deux pays a pu être constatée sur la scène de la diplomatie internationale, mais également entre l’Iran et l’UE, que Téhéran accuse de non-respect de l’accord après le départ des USA.

Violations continues de l’accord ordonnées par l’Iran

Si le JCPoA a été mis à mal par les agissements de l’Iran depuis 2019, cela n’avait pas atteint le niveau actuel des mesures mises en place par le pays. Dans la foulée de la première semaine de 2021, l’Iran a saisi un pétrolier sud-coréen dans le détroit d’Ormuz, puis enclenché le processus pour enrichir de l’uranium à 20%, une violation massive de l’accord nucléaire de 2015. Une récente loi adoptée par le Parlement iranien, passant outre les objections du gouvernement d’Hassan Rouhani, le président iranien, impose aujourd’hui à l’Iran d’accélérer son programme nucléaire.

Via l’ensemble de ces actions, Téhéran espère certainement appliquer assez de pression sur le futur gouvernement de Joe Biden pour que les Etats-Unis réintègrent l’accord sans discussions préalables : en effet, Biden a déjà indiqué sa volonté de revenir dans l’accord, à la condition de la modifications de certaines dispositions du JCPoA. Une urgence de plus pour le futur Président, à quelques jours de son investiture. Pourtant, le guide suprême iranien Ali Khamenei a annoncé “que l’Amérique revienne ou non ; nous ne sommes pas pressés et nous n’insistons pas pour qu’elle revienne”, rappelant que l’objectif premier de l’Iran est de voir “la levée des sanctions”, asphyxiant actuellement l’économie du pays.