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Quelles perspectives pour le retour des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien ?

L’accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou Joint Comprehensive Plan of Action (JCPoA), signé en 2015 et salué mondialement, avait connu en 2018 un revers de taille : l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord, et son souhait de rétablir de lourdes sanctions sur l’Iran. La pression appliquée par Washington sur Téhéran n’avait cependant pas eu les résultats escomptés.

Visant à parvenir à la régulation du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions pesant sur le pays, cet accord avait été une victoire pour la diplomatie internationale, après plusieurs années de hautes tensions. Cher au cœur des diplomates européens, ceux-ci ont réussi à le faire subsister jusqu’à aujourd’hui, malgré les attaques provenant des USA et d’Iran. 

Un retour des Etats-Unis sous conditions, l’Iran campe sur ses positions

Leurs efforts se sont vus récompensés par la promesse de Joe Biden de réengager les Etats-Unis dans le JCPoA, mais à quelques conditions. D’abord, le nouveau chef d’Etat entend que l’Iran respecte les dispositions de l’accord et ses engagements internationaux. Ensuite, il a indiqué sa volonté d’étendre le champ des discussions au programme iranien de missiles balistiques et son impact régional, tout en indiquant que ses exigences seraient plus élevées que celles émises par Barack Obama à l’époque de la signature du traité.

C’est autour de ces enjeux que s’est organisée une réunion entre les parties prenantes du JCPoA ce lundi 28 décembre. Néanmoins, Téhéran, à travers son ministre des Affaires étrangères Muhamad Zarif, s’est montrée réticente face à ces exigences. En menaçant la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni qu’il s’agissait de la “dernière chance” pour sauvegarder l’accord, elle a annoncé qu’elle n’accepterait pas qu’il soit modifié, en allant jusqu’à accuser l’Europe d’avoir violé l’accord en diminuant les échanges commerciaux entre l’UE et l’Iran.

Si la signature du JCPoA en 2015 avait été un long combat diplomatique, la réintégration des Etats-Unis en son sein s’annonce tout aussi ardue.