Antony Zouzout (Sports Education Hub) : « Le football recrute des cerveaux »
Le football connaît une transformation silencieuse mais profonde : celle de ses métiers. Sous l’effet de la data et de l’intelligence artificielle, les fonctions hors terrain s’imposent comme un levier stratégique pour les clubs, redéfinissant les profils recherchés et les modes de formation. Analyse avec Antony Zouzout, cofondateur de Sports Education Hub.
Quelles sont, selon vous, les grandes mutations à l’œuvre aujourd’hui dans le football ?
Le football recrute des cerveaux. Demandez à n’importe quel directeur sportif ce qui a le plus changé dans son métier ces dix dernières années : il vous parlera rarement du terrain. Il vous parlera de données, de vidéo, de modèles de détection, de profils capables de faire le lien entre l’intuition du coach et la rigueur de l’analyste. Le football est devenu une industrie de la connaissance. Et il forme encore ses collaborateurs comme s’il était resté un sport de vestiaire.
Face à ce constat, quel engagement avez-vous pris pour accompagner cette transformation ?
J’ai passé dix ans à vouloir combler cet écart. Ce travail a pris la forme d’un écosystème : Sports Education Hub, dédié à la formation professionnelle en ligne aux métiers du football hors terrain. Trois marques, trois portes d’entrée dans l’industrie. Formations Football forme les recruteurs, analystes vidéo et data analystes qui peuplent les cellules de performance des clubs. SoccerEDU en est le pendant américain, lancé à l’approche de la Coupe du Monde 2026. SportsAgent Institute prépare les futurs agents à l’examen FIFA.
En quoi ces nouveaux métiers redéfinissent-ils la performance des clubs ?
Détecter, analyser, représenter : ces trois verbes résument les fonctions qui décident désormais du destin d’un club. Les clubs ne se différencient plus seulement par leurs joueurs. Ils se différencient par leurs staffs. Plus de cent dirigeants, entraîneurs et recruteurs issus des plus grands clubs européens interviennent dans nos masterclasses.
Nos apprenants viennent aujourd’hui de plus de 140 pays : des milliers de professionnels ont ainsi accédé à des métiers auxquels ni leur réseau ni leur parcours seuls n’auraient suffi à les mener. C’est cela, la vraie méritocratie du football.
À quoi faut-il s’attendre pour la suite ?
La prochaine frontière, c’est l’intelligence artificielle. Demain, les clubs interrogeront des modèles prédictifs pour orienter le recrutement, lire la fatigue d’un joueur, anticiper les mercatos. Le staff qui sait naviguer entre données, vidéo et intuition humaine sera celui qui gagne. Nous formons déjà ce staff.