L’Amérique contre le monde : anatomie d’une guerre économique permanente

Quand Donald Trump, en avril 2025, a proclamé son « Jour de la Libération » en décrétant des droits de douane sur la quasi-totalité des importations américaines, nombre d’observateurs ont cru voir soit une rupture historique soit le caprice d’un président imprévisible. Mais ce geste spectaculaire s’inscrit dans une logique bien plus ancienne, bien plus profonde, et surtout bien plus partagée que généralement admis : celle d’une Amérique qui mène, depuis des décennies, une guerre économique permanente contre le reste du monde — y compris contre ses alliés les plus proches.

Cette guerre n’a pas commencé avec Trump, pas plus qu’avec Biden. Ses racines plongent loin dans l’histoire américaine, dans la conviction tenace que la prospérité nationale est une affaire de rapport de forces. Les armes changent — tarifs douaniers, sanctions, normes techniques, lois à portée extraterritoriale, subventions massives habillées en politique climatique — mais la stratégie, elle, ne varie guère.

Les racines longues d’un protectionnisme assumé

Pour comprendre le présent, il faut d’abord balayer l’idée reçue selon laquelle les États-Unis auraient été, jusqu’à l’arrivée de Trump, les champions sincères du libre-échange mondial.

Le Buy American Act, signé dès 1933 par le président républicain Herbert Hoover, oblige depuis lors le gouvernement fédéral à s’approvisionner en priorité auprès de producteurs américains. Elle a survécu aux accords du GATT, à la création de l’OMC en 1995 et demeure aujourd’hui en vigueur. Dans les faits, moins de 5 % des biens et services achetés par le gouvernement américain proviennent de l’étranger.

Le Trading with the Enemy Act de 1917, lui aussi toujours en vigueur, pose dès la Première Guerre mondiale les bases juridiques d’une économie pensée comme arme. Ce texte fondateur annonce toute une généalogie législative qui aboutit, dans les années 1990, aux deux lois qui vont durablement fracturer les relations entre Washington et le reste du monde.

La bascule des lois Helms-Burton et d’Amato

C’est en 1996, en l’espace de quelques mois, le Congrès américain vote deux textes qui vont provoquer une onde de choc internationale et révéler au grand jour la logique impériale qui sous-tend la politique économique américaine.

La loi Helms-Burton, signée par Bill Clinton le 12 mars 1996, renforce et étend l’embargo américain contre Cuba. Mais la différence avec d’autres textes est son caractère délibérément extraterritorial : elle s’applique non plus seulement aux entreprises américaines, mais à toute entreprise dans le monde qui oserait investir à Cuba.

Quelques mois plus tard, en août 1996, le Congrès adopte la loi d’Amato-Kennedy — officiellement l’Iran and Libya Sanctions Act. Son objectif déclaré est de priver l’Iran et la Libye, des ressources financières nécessaires à leur politique. Mais sa portée réelle est autrement plus vaste : la loi interdit à toute entité au monde d’investir plus de 40 millions de dollars par an dans le secteur pétrolier et gazier iranien ou libyen. Ces deux lois provoquèrent une réaction internationale sans précédent. Mais les États-Unis passent outre.

Ces deux textes consacrent une doctrine fondatrice : Washington se reconnaît le droit de légiférer pour la planète entière dès lors que ses intérêts nationaux — définis unilatéralement — sont en jeu. Il ne s’agit plus d’influencer, mais d’imposer. L’extraterritorialité du droit américain cesse d’être une exception pour devenir un instrument de politique étrangère permanent.

L’arsenal s’étoffe : du FCPA au Patriot Act, une toile normative planétaire

Les années suivantes voient cet arsenal se ramifier et se perfectionner. Le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), adopté dès 1977 devient à partir des années 2000 l’une des armes les plus redoutables du droit économique américain. En ciblant la corruption dans les transactions commerciales internationales, il s’applique à toute entreprise qui, peu ou prou, utilise des infrastructures américaines — notamment le système de paiement en dollars. Des groupes français, allemands, suisses, britanniques se retrouveront condamnés à payer des amendes colossales aux États-Unis pour des faits produits sur d’autres continents.

La Délégation parlementaire au renseignement française, dans un rapport de 2014, ne mâche pas ses mots : les lois extraterritoriales américaines sont qualifiées de « puissant instrument de prédation » (ex : le rachat de la branche énergie d’Alstom par General Electric en 2015.)

Les attentats du 11 septembre 2001 ouvrent une nouvelle séquence. Le Patriot Act, adopté dans l’urgence de l’après-choc, donne à l’exécutif américain des pouvoirs extraordinaires de surveillance financière et d’interception des flux commerciaux. Le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA) de 2010 contraint les institutions financières du monde entier à transmettre aux autorités fiscales américaines les informations relatives aux comptes détenus par des ressortissants américains sous peine d’exclusion du système bancaire international en dollars. Le Cloud Act de 2018 impose aux entreprises technologiques américaines de livrer aux autorités fédérales toute donnée hébergée sur leurs serveurs, où que ce soit dans le monde, créant de facto une surveillance globale des échanges numériques.

La puissance de cet arsenal repose sur une architecture financière unique : la domination du dollar dans les échanges internationaux. En imposant le billet vert comme monnaie de réserve et d’échange depuis les accords de Bretton Woods (1944), les États-Unis ont verrouillé les circuits financiers mondiaux. L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), agence du Trésor américain, surveille le monde entier depuis Washington, délivrant ou refusant des licences de commerce, plaçant des entités sur ses listes noires. Une sanction de l’OFAC équivaut à une exclusion de fait de l’économie mondiale.

La diplomatie des sanctions : Cuba, Iran, Russie et les autres

Parallèlement à cet arsenal juridique, les États-Unis ont développé depuis la Guerre Froide une politique de sanctions économiques d’une ampleur sans équivalent. Si l’embargo contre Cuba constitue le cas le plus ancien — les premières restrictions datent de 1960, renforcées par Kennedy en 1962, il est loin d’être isolé.

L’Iran fait l’objet d’un régime de sanctions qui s’est progressivement étendu et intensifié depuis la révolution islamique de 1979. Ces sanctions ont atteint leur paroxysme avec le retrait unilatéral de Donald Trump de l’accord nucléaire de Vienne (JCPOA) en 2018

La Russie a rejoint ce « club » après l’annexion de la Crimée en 2014, puis à nouveau et avec une intensité sans précédent après l’invasion de l’Ukraine en 2022.

La Chine fait l’objet, depuis l’administration Trump 1 (2017-2021), d’un régime de restrictions croissantes qui dépasse largement le simple cadre des droits de douane : les restrictions à l’exportation de semi-conducteurs et d’équipements de fabrication de puces, élargies et durcies sous Biden, puis encore amplifiées sous le second mandat Trump.

Trump 2017-2021 : la guerre commerciale comme doctrine

Le premier mandat de Donald Trump marque une rupture de forme — le recours ostentatoire et revendiqué à l’unilatéralisme commercial — sans représenter une véritable rupture de fond avec les tendances profondes de la politique américaine. Trump sort du garde-fou multilatéral et assume publiquement ce que ses prédécesseurs faisaient en grande partie discrètement.

Dès 2018, l’administration impose des droits de douane de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium importés — y compris en provenance des alliés européens, canadiens et japonais, justifiés par une invocation très controversée de l’article 232 du Trade Expansion Act, qui permet de déroger aux règles commerciales internationales au nom de la sécurité nationale.

Parallèlement s’engage la grande guerre commerciale sino-américaine : dès juillet 2018, des droits de douane de 25 % frappent pour 34 milliards de dollars d’importations chinoises. La Chine réplique à chaque escalade. En quelques mois, les tarifs s’accumulent sur plus de 300 milliards de produits échangés entre les deux premières économies mondiales.

Biden, ou le protectionnisme à visage vert

La victoire de Joe Biden en novembre 2020 suscite en Europe un soulagement prématuré. Certes, le nouveau président rejoignait les accords de Paris sur le climat, retrouvait sa place dans l’OMC et cessait de menacer ses alliés de représailles commerciales. Mais sur le fond, la stratégie économique de l’administration Biden ne rompt pas avec la logique d’un capitalisme d’État assumé au service de la puissance américaine. Elle l’emballe seulement dans un discours plus consensuel — la transition écologique — et l’arme de financements publics massifs.

L’Inflation Reduction Act (IRA), promulgué le 16 août 2022, est vendu comme un plan historique de lutte contre le changement climatique. Dans les faits, c’est un exercice de protectionnisme industriel. Le mécanisme est simple mais dévastateur pour les partenaires commerciaux américains : pour bénéficier des subventions, il faut produire aux États-Unis, s’approvisionner en Amérique du Nord, et utiliser des matières premières extraites ou transformées sur le territoire américain. L’Europe est explicitement exclue du dispositif. Les constructeurs automobiles européens et asiatiques se voient confrontés à un choix brutal : délocaliser leurs usines sur le sol américain.

La réaction européenne est à la mesure du choc. Des émissaires de haut rang défilent à Washington pour obtenir des exemptions. L’UE, en janvier 2023, annonce un Plan industriel du Pacte Vert censé répondre à l’offensive américaine.

Le CHIPS and Science Act, promulgué au même moment, répond à la même logique : 52 milliards de dollars pour subventionner la production américaine de semi-conducteurs, avec des clauses restrictives qui interdisent aux bénéficiaires d’investir ou d’étendre leurs capacités en Chine.

Trump 2025 : la guerre assumée, et ses limites judiciaires

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 marque une nouvelle phase d’escalade. Le « Jour de la Libération » du 2 avril 2025 cristallise la doctrine : des droits de douane minimum de 10 % sur toutes les importations américaines, complétés par des surtaxes « réciproques » spécifiques allant de 11 % à 50 % pour 57 pays et entités jugés coupables de pratiques commerciales déloyales.

En avril 2025, les droits de douane moyens américains passent de 2 % à environ 24 %, soit le niveau le plus élevé depuis plus d’un siècle, y compris sous le Smoot-Hawley Tariff Act de 1930. La Chine est particulièrement visée : après plusieurs escalades successives, les droits de base sur les importations chinoises atteignent 54 %, avant une trêve négociée en octobre 2025 dont les experts soulignent unanimement la fragilité. Le Canada et le Mexique, pourtant partenaires de l’ALENA, l’accord de libre-échange nord-américain, ne sont pas épargnés : une taxe de 25 % frappe la plupart de leurs exportations vers les États-Unis.

L’Union européenne, elle, se retrouve frappé de droits de douane de 20 % — auxquels s’ajoute la menace permanente d’une montée à 30 %, voire davantage. L’été 2025 voit néanmoins un accord commercial américano-européen, fixant les droits à 15 % pour la plupart des produits. Un accord aussitôt présenté par Trump comme un succès américain, et perçu ailleurs comme une extorsion en bonne et due forme.

Mais l’aventure trumpiste se heurte à ses propres limites institutionnelles. Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis, dans une décision rendue à six juges contre trois, invalide une grande partie des droits de douane imposés au titre de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). Les juges estiment que le président ne pouvait pas invoquer l’urgence économique pour justifier l’imposition unilatérale de tarifs massifs sans aval préalable du Congrès.

Trump réagit immédiatement : une taxe mondiale de 10 % est décrétée le soir même, en s’appuyant cette fois sur l’article 122 du Trade Act de 1974 — portée à 15 % dès le lendemain. Mais cette base juridique est plus contrainte : les tarifs ainsi imposés ne peuvent excéder 15 % et ne peuvent s’appliquer que 150 jours sans vote du Congrès. Au total, entre février 2025 et février 2026, environ 160 milliards de dollars ont été collectés par le gouvernement fédéral américain via les surtaxes trumpiennes.

Les normes comme armes de conquête : la souveraineté par les standards

Les États-Unis ont également développé un troisième levier d’influence économique moins visible mais tout aussi puissant : la guerre des normes. L’idée est simple et efficace : celui qui fixe les standards techniques, environnementaux ou financiers d’un secteur contrôle de facto l’accès au marché mondial dans ce secteur.

Dans le domaine financier, les normes comptables américaines (US GAAP) ont longtemps dominé l’espace mondial avant que les IFRS, d’inspiration plus internationale, ne s’imposent. Mais dans des domaines comme la cybersécurité, les données personnelles ou l’intelligence artificielle, Washington continue de poser les cadres pourle reste du monde.

Le secteur des semi-conducteurs illustre parfaitement ce phénomène. Les restrictions américaines à l’exportation de puces avancées vers la Chine ne se contentent pas de cibler les producteurs américains : elles s’appliquent à toute entreprise dans le monde qui utilise des technologies, des logiciels ou des équipements américains dans ses procédés de fabrication — c’est la doctrine du « foreign direct product rule ». ASML, entreprise néerlandaise et fabricant mondial quasi-monopolistique des machines à lithographie EUV indispensables à la production de puces de pointe, se voit ainsi contrainte, sous pression américaine, de ne plus livrer ses équipements à la Chine.

Le cas des données numériques est tout aussi révélateur. Le Cloud Act de 2018 impose aux géants technologiques américains — Amazon, Google, Microsoft, Apple, Meta — de livrer aux autorités fédérales toutes les données hébergées sur leurs serveurs, partout dans le monde, dès lors qu’une demande judiciaire américaine est formulée. Pour les entreprises et gouvernements européens qui utilisent ces services — c’est-à-dire la grande majorité d’entre eux — c’est une perte de souveraineté numérique.

L’OMC neutralisée, les règles contournées

La grande victime collatérale de cette guerre économique permanente est l’OMC. Fondée en 1995 pour succéder au GATT et structurer le libre-échange mondial, l’OMC repose sur un mécanisme de règlement des différends qui a longtemps fait figure de référence. Mais les États-Unis ont progressivement vidé cette instance de sa substance en bloquant la nomination de nouveaux juges à l’organe d’appel.

L’Inde, qui a rejoint les rangs des pays frappés de droits de douane punitifs en août 2025 —a bien saisi l’OMC. Mais les délais de traitement et l’impuissance réelle de l’institution sont connus de tous.

Face à cette situation, la Chine a joué sa propre carte normative avec l’organisation d’un système alternatif : route de la soie numérique, standards de cinquième génération (5G) imposés via Huawei, création de mécanismes de règlement des différends dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie. La guerre économique américaine accélère ainsi la fragmentation du système commercial mondial en blocs rivaux. Les économistes de l’OMC et du FMI qualifient cette évolution de « découplage ».

Pourquoi personne ne se rebelle vraiment ?

Face à l’ampleur de ces pressions, une question s’impose : pourquoi le reste du monde ne s’est-il pas davantage rebiffé ? Pourquoi l’Europe, puissance économique comparable aux États-Unis, continue-t-elle d’encaisser les coup sans développer une véritable contre-stratégie ?

La réponse tient en quelques mots : dépendance, fragmentation et asymétrie. La dépendance, d’abord, est réelle et multiforme. Dépendance au marché américain — 20 % des exportations européennes y sont destinées. Dépendance au parapluie sécuritaire américain — difficile de mener une guerre commerciale contre un allié dont on attend la protection militaire. Dépendance au dollar et au système financier international structuré autour de lui. Dépendance aux technologies américaines, de Microsoft à Amazon en passant par les puces Intel ou les logiciels de conception industrielle.

La fragmentation européenne aggrave la situation. L’UE est une puissance commerciale formidable sur le papier mais politiquement éclatée en vingt-sept intérêts nationaux qui peinent à se coordonner.

Mais des évolutions se font jour. Le règlement européen 2023/2675, dit « instrument de lutte contre la coercition », permet à l’Union de prendre des contre-mesures rapides lorsqu’un pays tiers tente d’influencer les choix souverains d’un État membre par des pressions économiques. C’est une avancée symboliquement importante, même si les délais et les conditions d’activation de ce mécanisme en limitent l’efficacité pratique. Plus significatif encore : le débat sur l’autonomie stratégique européenne, longtemps cantonné à des cercles académiques, est désormais au cœur de l’agenda politique continental.

Guerre juridique, guerre normative, guerre tarifaire : une doctrine de puissance totale

L’examen de cette histoire longue révèle que les États-Unis ont développé, souvent empiriquement, une doctrine de puissance économique qui mobilise simultanément tous les registres disponibles. Les droits de douane ne sont que la partie visible de l’iceberg.

En dessous s’étend une architecture bien plus sophistiquée : des lois à portée extraterritoriale qui soumettent les entreprises du monde entier au droit ; un système de sanctions financières qui utilise le dollar comme arme ; des normes techniques et réglementaires qui créent des barrières à l’entrée déguisées en standards universels ; une politique de contrôle des exportations technologiques qui verrouille l’accès aux technologies de pointe pour les rivaux désignés ; et, plus récemment, une politique de subventions industrielles massives qui oriente les investissements vers le sol américain via des incitations fiscales.

Cette doctrine n’est pas l’apanage d’un parti ni d’un président. Elle traverse la politique américaine de Clinton à Trump en passant par Bush, Obama et Biden. Elle varie dans ses modalités, dans son intensité, mais sa logique profonde ne change pas : maintenir la primauté économique américaine en utilisant sa puissance comme levier de négociation ou de coercition.

Épilogue : et maintenant ?

En ce début d’année 2026, la situation est plus ouverte qu’elle ne l’a été ces derniers mois. La Cour suprême américaine vient de rappeler la primauté du droit. Le Parlement européen a suspendu l’accord commercial américano-européen de 2025 après la décision de la Cour. La Chine, sous pression mais plus déterminée que jamais à construire son autonomie technologique et financière, met ses propres atouts en avant — terres rares, capacités manufacturières, marché intérieur.

Cependant la mondialisation telle qu’elle s’est construite depuis 1945 — fondée sur l’idée que les échanges libres bénéficient à tous est entrée dans une crise profonde. Et cette crise n’est pas principalement le fait d’autocrates étrangers ou de rivaux déloyaux, mais d’abord et avant tout de la nation qui avait prétendu, depuis 1945, en être le meilleur champion : les États-Unis d’Amérique.

La guerre économique américaine n’a pas commencé avec Trump. Elle ne s’arrêtera pas avec lui. Elle est la traduction, brutale et durable, d’une vérité que le discours libéral sur la mondialisation avait longtemps refusé d’entendre : l’économie internationale n’est pas un espace neutre régi par des lois scientifiques, mais un champ de bataille où la puissance, le droit et les normes sont des armes comme les autres — et où les plus forts font les règles.