Filière bio : le bien manger, levier d’un développement économique durable
À l’heure des grandes transitions, la filière biologique s’impose comme un levier stratégique pour les territoires. Dans les Hauts-de-France, A Pro Bio, association de promotion et de développement de la filière, joue un rôle clé pour structurer les initiatives, relier les acteurs et accompagner l’émergence d’un écosystème résilient et porteur de valeur. Florent Leroy, son président, également dirigeant du Fournil Bio à Villeneuve-d’Ascq, revient sur les enjeux d’un « bien manger » au service du « dév éco ».
Quel est aujourd’hui le poids de la filière bio en Hauts-de-France ?
Les Hauts-de-France sont une grande région agroalimentaire, historiquement tournée vers l’export et la grande distribution. La filière bio y représente encore une part modeste – environ 2 % des surfaces agricoles, soit 50 000 hectares – mais elle s’inscrit dans une dynamique de croissance réelle. La région joue un rôle moteur, avec un plan bio ambitieux qui couvre toute la chaîne de valeur. Nous avons la chance de compter sur des acteurs engagés : Croc la Vie alimente les crèches en bio et local, le Moulin d’Ascq brasse une bière bio régionale, plusieurs magasins spécialisés maillent le territoire, etc. Avec une forte densité de population, notre région offre un vivier de consommateurs à conquérir. Il ne s’agit pas d’opposer bio et conventionnel, mais d’identifier là où nous pouvons bâtir de véritables filières.
Quel rôle joue A Pro Bio dans cette dynamique ?
Notre mission est de connecter les mondes. Nous menons une veille active pour identifier les opportunités et structurer les filières, tout en facilitant les liens entre producteurs, acheteurs, restauration collective et entreprises. Nous accompagnons les porteurs de projets, souvent innovants mais fragiles sur le plan financier. Enfin, nous agissons sur le terrain de la communication pour faire progresser la cause du bien manger.
Quel rôle pour le bio dans les grandes transitions territoriales ?
L’agriculture bio est un levier puissant de transition écologique, mais aussi économique et sociale. Elle génère des emplois qualifiés, non délocalisables, et valorise nos ressources locales. C’est un pilier de développement durable : alimentation saine, économie circulaire, préservation du vivant. Son développement est aussi un enjeu de souveraineté et de résilience à travers la réduction des importations. L’alimentation doit devenir un axe stratégique de la RSE et les dirigeants économiques ont un rôle à jouer, par exemple en intégrant une offre bio dans les restaurants d’entreprise. En région, le tissu économique est solide et humainement engagé. De la PME à l’industriel, chacun peut contribuer. Nous avons le terreau, il ne reste plus qu’à l’arroser.