Le véritable progrès, c’est l’usage

Développées à partir de travaux de recherche sur les mécanismes neurovisuels de la lecture, les lunettes Lexilens ont été pensées comme un outil de compensation, complémentaire des apprentissages et des prises en charge existantes. Elles visent à améliorer le confort de lecture et le vécu des utilisateurs.

Les lunettes Lexilens sont nées d’une compréhension fine du mécanisme neurovisuel. Comment aident-elles les lecteurs dyslexiques ?

Une découverte scientifique a mis en évidence un phénomène appelé encombrement neurovisuel, dans le cerveau, qui vient dégrader la qualité de l’image issue de la vue. De quoi rendre la lecture instable et très coûteuse pour certains lecteurs dyslexiques. Pour leurs recherches, les chercheurs se sont appuyés sur des étudiants dyslexiques. Ils ont montré que lorsque cet encombrement est réduit, le traitement cérébral de l’image devient plus simple, avec des effets positifs sur des tâches cognitives en aval, comme la lecture. Les lunettes Lexilens interviennent en amont, elles « nettoient » le signal visuel d’entrée. L’apprentissage reste indispensable, mais il se développe dans de meilleures conditions.

Quel est l’impact de telles lunettes sur le vécu des utilisateurs et de leurs familles ?

On observe d’abord un changement de rythme. L’utilisateur va apprendre au même tempo que ses camarades. La lecture devient plus fluide et, surtout, la compréhension s’opère en même temps que le déchiffrage. Ce qui induit un impact direct sur la confiance en soi. Et l’effet dépasse largement l’utilisateur car la dyslexie concerne toute la famille. Quand la lecture cesse de représenter une épreuve quotidienne, les parents sont eux aussi soulagés.

Comment cette innovation peut-elle se généraliser dans l’accompagnement des personnes dyslexiques ?

L’innovation n’est un moteur de progrès que lorsqu’elle est réellement utilisée. Une solution qui reste dans un tiroir ne produit aucun effet. Le véritable progrès, c’est l’usage, ce qui suppose que le collectif s’en empare : enseignants, familles, professionnels de santé, institutions, entreprises. L’enjeu n’est donc pas seulement d’innover, mais de créer les conditions pour que ces outils utiles s’intègrent durablement dans le quotidien des personnes concernées. C’est à ce moment-là que l’innovation cesse d’être une promesse pour devenir un progrès réel.