La force des métiers qui font tourner l’économie réelle
À la tête de Duranet Groupe, acteur régional majeur de la propreté, Nuno Goncalves s’est imposé comme l’une des voix engagées des métiers de service. Président de la Fédération des entreprises de propreté (FEP) des Hauts-de-France et de Normandie, vice-président de la FEP nationale et de la CPME, il défend une conviction claire : la propreté et les activités à forte intensité de main-d’œuvre constituent un investissement stratégique et un pilier pour les entreprises comme pour les territoires.
Quelle est aujourd’hui la stratégie de Duranet Groupe ?
Nous avons construit un modèle régional fondé sur la proximité, la réactivité et la montée en compétences de nos équipes. Le secteur évolue rapidement : exigences de traçabilité, numérisation, attentes accrues en matière de responsabilité sociale. Nous y répondons par l’investissement, dans la formation, les outils et les conditions de travail. La propreté n’est pas un service d’appoint : elle contribue à l’image, à la sécurité sanitaire et à la performance globale des organisations. C’est un métier de confiance, exigeant, qui appelle des standards élevés.
Les métiers de la propreté sont parfois invisibilisés. En quoi sont-ils stratégiques pour l’économie régionale mais aussi nationale ?
Au plus fort de la crise sanitaire, nos entreprises et salariés sont intervenus pour assurer la continuité de l’activité économique et sociale : hôpitaux, écoles, transports, agroalimentaire, administrations. Ce sont des métiers concrets, non délocalisables, qui insèrent et forment des publics parfois éloignés de l’emploi. La propreté, ce sont près de 600 000 emplois. Chez Duranet Groupe comme dans le secteur, de nombreux encadrants ont commencé sur le terrain : l’ascenseur social fonctionne, à condition de le nourrir. Cette invisibilité que vous mentionnez reste une réalité contre laquelle nous luttons chaque jour. Les donneurs d’ordres publics ont un rôle clé à jouer en privilégiant des entreprises responsables et, lorsque c’est possible, le travail en journée, pour améliorer les conditions d’intervention et la reconnaissance des équipes.
Vous alertez régulièrement sur le lien entre création de valeur et pouvoir d’achat. Quels leviers faut-il activer ?
Il faut sortir de la logique du moins-disant. La propreté ne doit pas être une variable d’ajustement économique. Les entreprises du secteur ont besoin d’un modèle durable pour mieux rémunérer, former et encadrer. Revaloriser ces métiers, c’est garantir un socle de cohésion sociale et faire du travail un vecteur de fierté, de dignité et de reconnaissance.