Tax, baby, tax
L’État dit à ceux qui veulent faire fructifier leur argent : si vous le faites ça doit m’être utile ou alors je vous le fais payer.
Chaque automne est un moment particulièrement scruté par tous. Pour l’État, c’est le moment de présenter sa copie pour l’année à venir afin de dire ce dans quoi il va investir. Pour les marchés c’est le moment d’analyser les résultats financiers des entreprises et de repositionner (si c’est nécessaire) les capitaux pour profiter au mieux des perspectives qui s’ouvrent. Et pour les particuliers, c’est le moment où on leur prélève les impôts tout en leur préparant déjà la ponction de l’année suivante.
Oui, l’État ponctionne
Ponction. En médecine, c’est le fait de prélever des cellules, du tissu ou du liquide sur une partie du corps. Et oui l’État ponctionne. Il ponctionne de l’argent à une partie grandissante de l’argent des Français, mais il le fait masqué. En effet, les défenseurs de notre obsession fiscale souligneront que les revenus des Français, le fameux impôt sur le revenu, sont moins taxés de 0,2 point par rapport à la moyenne européenne, mais les mêmes se garderont bien de dire que les cotisations sociales sont de 2,3 point supérieures à celle de la moyenne de l’UE ou encore que que les impôts sur le capital représente 0,7% du PIB soit plus de deux fois plus que dans le reste de la zone Euro.
45,3% du PIB : telle est la part des prélèvements obligatoires en France
Alors que les prélèvements obligatoires atteignent 45,3% du PIB, l’État trouve encore de nouveaux moyens de taxer.
La dernière en date : la création de la “contribution financière pour l’autonomie” augmentant la CSG de 1,4 point mais uniquement sur les intérêts, dividendes, plus-values mobilières et produits de placement sur les comptes-titres et les PEA. Une hausse qui ne le dit pas mais qui impactera les Français dirigeants d’entreprises qui se paient en se versant des dividendes.
En somme l’État n’a qu’une phrase à la bouche : “Tax, baby, tax”.
Cette “contribution” apparaît comme profondément injuste car elle ne concerne ni l’immobilier, ni les Assurances-Vies, ni la plupart des livrets d’épargnes. L’État dit à ceux qui veulent faire fructifier leur argent : si vous le faites ça doit m’être utile ou alors je vous le fait payer.
Parce qu’en ciblant ainsi une nouvelle contribution sur le capital qui finance l’économie réelle, c’est bien cette dernière que les politiques ont décidé de sacrifier. Sur l’autel d’une illusoire stabilité, pour des gains politiques qui dureront au mieux quelques semaines et tenter de sauver les apparences.
Alors que faire ? Rien, ou plutôt redoubler d’efforts, non seulement en prenant son argent en main, mais surtout en commençant à faire comprendre aux politiques que ça suffit.
Que le contrat social qui nous unit se fait chaque fois plus ténu quand ils s’attaquent au patrimoine des gens et que ce cinéma se paiera dans les urnes.
En partenariat avec
![]()