La longévité comme nouveau luxe : ce que notre système n’a pas encore compris
Chaque début d’année, nous nous souhaitons une bonne santé. Un vœu banal en apparence, mais révélateur d’une réalité profonde : la santé est devenue centrale dans nos vies. En effet, la valeur que nous accordons à la vie n’a jamais été aussi élevée.
Nous refusons de plus en plus l’idée de subir. Subir la maladie. Subir un corps qui lâche sans prévenir. Nous investissons des années de recherche, des milliards d’euros et une énergie collective pour soigner, réparer, maintenir la vie. La santé est devenue un bien central et la longévité, le nouveau luxe.
Et pourtant, un paradoxe persiste. Alors même que la santé est ce que nous avons de plus précieux, la prévention reste le parent pauvre de notre système. Non pas parce qu’elle est complexe ou inefficace mais parce qu’elle est mal expliquée, mal incarnée, et rarement personnalisée.
On parle beaucoup de prévention et tout le monde en saisi l’intérêt. “Mieux vaut prévenir que guérir”. Mais entre l’intuition et l’action, il y a un fossé. Nous sommes beaucoup à ne pas savoir où commencer, ni quoi faire, ni pourquoi faut-il agir maintenant si cela peut être reporté au lendemain.
La prévention santé a longtemps été réduite à des messages génériques, qui constituent pourtant une première brique “M’T dents”, “Bougez plus”, “Mangez 5 fruits et légumes par jour”.
Des messages qui sont justes, mais qui résonnent aujourd’hui comme des slogans déconnectés de la réalité de nos vies.
Sans personnalisation, la prévention ne fonctionne pas
La prévention ne peut fonctionner que si elle devient personnelle. C’est à ce moment précis qu’elle devient concrète. Quand “il faut mieux manger” devient “voici comment je peux faire avec mes contraintes personnelles”.
Ce qui interpelle aujourd’hui, c’est la difficulté à personnaliser la santé, alors qu’elle devrait être encore plus personnalisable que nos fonds d’écran. En effet, tout est personnalisé aujourd’hui : nos contenus, nos recommandations d‘achats, nos applications mobiles… Tout, sauf la santé.
Contrairement à une idée reçue, la prévention n’est pas une affaire d’amour de soi ou de discipline parfaite. C’est même cette croyance qui la rend souvent contraignante, culpabilisante ou réservée à une minorité. Non pas parce qu’elle l’est réellement, mais parce qu’elle n’a pas été pensée comme un parcours progressif, accessible et positif.
Maintenir sa bonne santé c’est d’abord une affaire de clarté. Elle repose sur la capacité à comprendre ce qui est en jeu pour soi, à relier un geste simple à un bénéfice réel. Quand on sait ce qui est pertinent pour soi, on cesse d’être paralysé par la masse d’informations contradictoires ou l’anticipation d’un parcours compliqué.
Faire de la prévention un réflexe collectif
Un mouvement de fond est en train d’émerger, porté par une prise de conscience collective : la prévention santé ne peut plus être pensée individuellement ou à court terme. Elle doit être envisagée comme un investissement structurant, dont les bénéfices, humains comme économiques, se construisent sur plusieurs années.
Les systèmes qui l’ont compris le savent : prévenir coûte moins cher que réparer.
Faire de la prévention un réflexe, aussi naturel qu’un contrôle technique, n’est pas une utopie mais une nécessité. Pourquoi ? Tout simplement car des individus en meilleure santé mentale et physique, ce sont des organisations plus solides et une société durablement plus sereine.