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En pleine crise diplomatique avec l’Australie, Alstom obtient un important contrat pour des trains de banlieue à Melbourne

C’est une annonce qui sonne avec une particulière acuité en pleine crise diplomatique entre la France et l’Australie sur l’affaire du contrat des sous-marins Naval Group abandonné par le gouvernement de Scott Morrison, et qui souligne le maintien d’une capacité des entreprises françaises à conquérir l’international sur des filières d’excellence.

Alstom a annoncé en début de semaine qu’elle allait fournir 25 trains de banlieue pour la ville de Melbourne, dans le cadre d’un contrat avec le Ministère des Transports de l’état de Victoria (Sud-Est du pays). La deuxième métropole d’Australie accueillera donc bientôt de nouveaux trains d’un modèle français, qui doivent permettre de renforcer son réseau métropolitain et faciliter la mobilité dans l’agglomération, en pleine croissance démographique.

Un contrat de 300 millions d’euros

Alors que le « contrat du siècle » de plusieurs dizaines de milliards d’euros entre Naval Group et le gouvernement australien, signé en 2016, est tombé à l’eau de manière spectaculaire il y a quelques jours, cette commande de 300 millions d’euros tombe à pic. L’entreprise française a d’ores et déjà annoncé que les trains, issus du modèle X’trapolis, seront produits dans la région de Melbourne.

Les matériaux utilisés eux-mêmes doivent être à 60% issus de l’état de Victoria, confirmant la volonté d’Alstom d’engager ses équipes locales dans ce projet. Marx Coxon, directeur Australie et Nouvelle-Zélande du groupe, a ainsi indiqué : « Alstom est ravi de poursuivre son partenariat avec le gouvernement de Victoria et la chaîne d’approvisionnement locale grâce à laquelle nous continuerons à fabriquer des trains pour Victoria à Victoria ». L’entreprise n’est d’ailleurs pas une nouvelle venue dans le secteur ni dans la région, et a déjà fourni une centaine de trains pour Melbourne depuis 2002.

Du côté des opérateurs de transport, d’autres grands acteurs français sont eux aussi présents, notamment Transdev, qui exploite les ferries de Sydney, la première ville du pays. Une nouvelle preuve que l’attractivité et le sens de la conquête des entreprises françaises ne s’interrompt pas, même en cas de grave crise diplomatique, et même lorsqu’un gouvernement semble avoir tourné le dos à ses engagements passés.