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La Chine veut accélérer dans l’hydrogène vert

L’Empire du Milieu fait un pas de plus dans les énergies renouvelables, avec le lancement d’un projet d’envergure en Mongolie intérieure. En alliant parcs solaires et éoliens, le gouvernement chinois entend produire jusqu’à 67 000 tonnes d’hydrogène vert par an. Si le projet débutera dès octobre 2021, il faudra toutefois attendre mi-2023 pour que les parcs entrent en service.

Alors que les états du monde entier accélèrent leurs actions en faveur d’une transition énergétique réussie, c’est au tour de la Chine d’entrer en piste. Pour mener à bien son projet censé soutenir ses ambitions énergétiques et climatiques, le gouvernement chinois mise sur l’hydrogène vert, une ressource produite à partir d’électricité d’origine renouvelable (solaire ou éolienne, par exemple).

67 000 tonnes d’hydrogène vert par an

Connue pour ses importantes ressources minières et son potentiel d’ensoleillement, la Mongolie intérieure, située sur le principal canal de vent sibérien, a approuvé le lancement d’un projet massif de parcs solaires et éoliens, destinés à la production de l’hydrogène vert. D’après un rapport de l’Association pour la promotion de l’industrie de l’énergie de l’hydrogène, les futurs parcs seront implantés près des villes d’Ordos et de Baotou et pourront produire jusqu’à 1,85 gigawatt d’énergie solaire et 370 mégawatts d’énergie éolienne. Soit près de 67 000 tonnes d’hydrogène vert par an.

Le choix de cette région est stratégique. En effet, les autorités locales ont tout intérêt à voir fleurir ce projet sur leur territoire, désireux de faire de la région l’un des principaux hauts lieux de l’énergie renouvelable et de l’hydrogène vert, censées croître rapidement ces prochaines années.

« Le plus important projet jamais piloté par le gouvernement chinois »

C’est ce qu’a indiqué l’analyste Xiaoting Wang de BoombergNEF. Energie d’avenir, la Chine compte sur l’essor de l’hydrogène vert pour décarboner son économie d’ici 2060. Jusque-là, la grande majorité de la production d’hydrogène a pour origine les hydrocarbures. Le projet constitue donc un passage en force vers les énergies vertes et, in fine, vers le rayonnement du pays en matière de développement durable. Une décision d’autant plus motivée par un marché potentiel évalué à 1 580 milliards d’euros d’ici 2050 et des besoins croissants estimés à 35 millions de tonnes d’ici 2030 dans le pays.

Même si le projet est sur de bons rails, la Chine devra faire face aux problématiques de stockage et d’usage de l’hydrogène vert, ainsi que d’approvisionnement en électrolyseurs. Un enjeu de taille que le gouvernement chinois ne devra pas négliger pour ne pas finir dernier de la course à la production d’électrolyseurs.