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Euler-Hermès a comparé les performances économiques et sociales de la France et de l’Allemagne durant la crise

Le spécialiste mondial de l’assurance-crédit s’est inspiré de l’actualité footballistique pour comparer la situation des deux pays européens face à la pandémie de Covid-19. Comme à l’Euro, les 2 nations en sont -sorties- au même point. 

La lutte entre la France et l’Allemagne, tandem leader de l’Union européenne, est une opposition saine. Sans animosité profonde, elle permet de mettre en avant les forces et les faiblesses des deux puissances, construites de manière différente. Si les événements comme l’Euro figurent une opposition culturelle et sportive visible aux yeux de tous, en particulier lorsque la France se déplace en Allemagne pour son match d’ouverture dans la compétition, les performances économiques et sociales des deux pays font également office de défi constant. Face à la pandémie, il est pour l’instant difficile de savoir qui va emporter la décision. Malgré un passage au crible de nombreux critères parmi lesquels la croissance, la consommation, la productivité, l’emploi et la dette, Euler-Hermès juge pour l’instant le match nul. 

Limiter l’impact de la crise 

Face aux risques économiques et sociaux engendrés par la crise sanitaire, les deux nations n’ont eu qu’un seul objectif : limiter ses effets le plus possible. Cela s’est traduit par deux points clés. D’abord, en Allemagne comme en France, d’importants plans de chômage partiel ont été mis en place, pour protéger l’emploi et la population. Ce gel économique a permis de limiter le chômage. La France ne compte ainsi que 250 000 chômeurs de plus par rapport à 2019 et prend l’avantage sur l’Allemagne qui en compte 500 000. Les deux pays semblent en tout cas avoir bien amorti le choc de ce côté.

Le second point clé a été de s’en remettre à la capacité des entreprises et des salariés français et allemands à faire preuve de résilience et d’adaptation face à une situation inédite. Un pari là encore réussi puisque la productivité a progressé des deux côtés grâce aux innovations technologiques et au développement du digital. Sur ces deux points, on observe donc une forme d’égalité, et les deux pays sont déterminés à retrouver le chemin de la croissance, sans pour autant utiliser les mêmes moyens.

Des stratégies de relance structurellement différentes

Selon les prévisions des économistes, l’Allemagne devrait retrouver son PIB d’avant crise d’ici la fin de l’année, grâce notamment à la libération de l’épargne de sa population, dont le taux avoisine les 21%. La France accuse sur ce point un léger retard, dû au fait qu’elle a fortement accru sa dette durant cette période. Un choix motivé par le fait de maintenir un niveau de consommation croissant (+ 0,2%) sur la période, quand celui de l’Allemagne chutait (-5%). Ces oppositions s’expliquent par le fonctionnement des deux nations, dont le taux de chômage structurel est par exemple très différent (3,1% en Allemagne contre 8,4% en France) ce qui implique d’anticiper des stratégies de relance adaptées à chacun. 

Sur ce plan, le match est loin d’être arrivé à son terme et la reprise de l’activité économique globale devrait nous en dire plus. Pour les économistes d’Euler-Hermès, “une fois que les soutiens économiques auront été retirés, nous aurons plus de visibilité sur l’état de santé du secteur bancaire, des faillites et du chômage et, par conséquent, sur les perspectives de croissance à moyen terme.” A suivre.