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L’Australie et le Royaume-Uni s’entendent sur un accord commercial d’ampleur

Le 15 juin dernier, le Royaume-Uni et l’Australie ont conclu un accord de libre-échange, première étape d’une réouverture commerciale majeure entre les deux pays du Commonwealth.

Cet accord de 13 milliards de livres est véritablement le premier négocié de A à Z par le gouvernement conservateur depuis le 1er janvier. À la suite du Brexit, les Britanniques entendent ainsi faire la preuve qu’ils peuvent toujours compter sur leur allié du Commonwealth.

Depuis son détachement de l’Union Européenne, de nombreux accords ont fleuri sous l’égide du premier Ministre britannique Boris Johnson. Les accords avec l’Europe, le Japon ou encore la Norvège étaient déjà en cours mais dans le cas de l’Australie, le gouvernement a dû commencer de zéro. L’accord, porteur d’espoir pour l’agriculture australienne selon les autorités nationales, a été discuté et finalisé lors du G7 où le Premier Ministre australien, Scott Morrison, a été convié.

Une urgence politique pour le Gouvernement britannique

“C’est important économiquement, cela ne fait aucun doute… mais je pense que c’est plus important politiquement et symboliquement”, a rappelé Boris Johnson. Pour la Grande Bretagne, l’Australie est son vingtième partenaire commercial tandis que pour l’Australie, l’ancien pays colonisateur est le huitième. Cet accord commercial devrait effectivement rapporter 500 millions de livres au Trésor de la Couronne sur le long terme. Toutefois, ce déplacement de pions est pour Boris Johnson l’occasion de prendre non seulement l’Europe à contre pied par rapport à sa puissance agricole et valoriser celle du Commonwealth, mais aussi de satisfaire la volonté de « Global Britain » portée par les Conservateurs au pouvoir. Ajoutons aussi que le bloc commercial transpacifique sera une opportunité supplémentaire d’établir un contrepoids économique important face à l’influence de la Chine dans la région.

Un accord sujet à controverses

Le Parlement britannique a été le théâtre de longues plaidoiries en faveur et en critique de ce projet d’accord commerciale. L’opposition a d’abord été vive de la part des agriculteurs qui voient d’un mauvais œil ce concurrent. En effet, l’Australie dispose de normes sanitaires moins strictes qui pourraient favoriser ses éleveurs de boeuf et d’agneaux sur le marché. Le libre-échange et la suppression des droits de douanes ont ravivé la peur d’une concurrence déloyale. Le gouvernement britannique a donc imposé des quotas pour les satisfaire. Ce sont dans un deuxième temps les associations de protection des animaux qui sont montées au créneau pour dénoncer le retard des Australiens en la matière.

Néanmoins, ces problématiques ne concernent que le secteur agricole alors que l’accord porte aussi sur les exportations de voitures, de whisky, ou encore de biscuits. À terme, le pays des kangourous devrait se voir atteindre par des exportations de services financiers, juridiques et d’autres services professionnels selon les souhaits des autorités britanniques. La Ministre britannique du commerce Liz Truss affirme que c’est un “accord libéral” qui doit avoir vocation à nouer des interconnexions économiques entre ces deux puissances.