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Départ du Général Lecointre, Chef d’État Major des Armées, qui sera remplacé par Thierry Burkhard

Une succession attendue va être opérée au sein du plus haut organe de l’armée. Le Général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées de terre, succèdera le 21 juillet prochain au Général Lecointre, chef d’état-major des armées (CEMA) en fonction depuis 4 ans.

2017 avait été une année difficile pour les armées françaises : l’apprécié général Pierre de Villiers, alors CEMA, y avait alors présenté sa démission au nouveau Président de la République Emmanuel Macron sur fond de coupes budgétaires. Son successeur, le général Lecointre, avait alors la lourde tâche de la « remontée en puissance des armées”. Toutefois, le plaidoyer du général Lecointre pour une augmentation des ressources allouées à l’armée est resté largement lettre morte. Il explique désormais, au crépuscule de sa charge, que des conflits à “hautes intensités” sont à prévoir à travers le monde, et que l’investissement – malgré de sérieux progrès – serait encore trop faible face à la menace.

Une démission sur fond de crises

Le président de la République a annoncé il y a quelques jours la fin de l’Opération Barkhane et la réorganisation de la présence française au Sahel. Cette annonce est arrivée peu de temps avant la démission du général Lecointre, et ce dernier a aussi été entraîné au cours du mois dernier dans la spirale des tribunes de Valeurs Actuelles. Le CEMA veut faire passer un message en quittant son poste au milieu de l’été. Alors que l’armée a un devoir de réserve, il souhaite “éviter la politisation de la fonction” : par son action, l’officier entend décorréler les agendas militaires et présidentiels. C’est donc sur un fond de contestations d’une partie de ses corps d’armées et d’un changement structurel pour une armée engagée depuis 8 ans sur le théâtre malien qu’il passe le flambeau au général Thierry Burkhard.

Du théâtre des opérations extérieures au centre de commandement

Le futur chef d’état-major des armées, Thierry Burkhard, est un ancien militaire forgé par les théâtres des opérations extérieures : l’Irak, le Gabon, l’Ex-Yougoslavie et le Tchad. Cet officier qui a fait ses classes à Saint Cyr et à l’Ecole d’Infanterie, est depuis 2010 au service de l’Etat Major français. La ministre des Armées Florence Parly le nomme en 2019 Chef d’État Major des armées de terre, et il recevra le glaive du commandement du général Bosser le 20 juillet. L’année 2021 se révèle donc décisive pour l’ancien légionnaire. Il est apprécié par les trois corps d’armée et le sénateur LR Cédric Perrin dit ainsi de lui qu’ “il a une vision stratégique extrêmement poussée et précise”.

Son poste de porte-parole des armées lui a apporté des compétences précieuses dans le dialogue avec le gouvernement et les enjeux de communication. Thierry Burkhard a déjà proposé un rajeunissement du parc de blindés et de l’artillerie. Son expertise le porte aussi à témoigner de l’intérêt à la guerre informationnelle et la modernisation des drones. Dans la même ligne que son prédécesseur, le général Burkhard partageait à l’AFP que “l’armée de Terre doit changer d’échelle et se préparer à des conflits plus durs, de haute intensité”. Après la modernisation et la professionnalisation de l’armée, le pas sera donné à l’augmentation de la capacité à disposer d’une masse critique. Quoi qu’il en soit, ces projets ne pourront aboutir qu’avec le soutien du Chef des armées, le président de la République française, qui entre en campagne pour l’année qui vient.