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Croissance historique pour les ventes de Cognac, avec l’espoir d’un avenir radieux pour le produit

La filière du Cognac conclut une croissance historique pour ses ventes en avril. Ces expéditions records sont un indicateur précieux pour l’avenir commercial du produit à la sortie de la crise sanitaire.

Si la baisse des ventes de cognac a été très marquée au premier semestre de la crise sanitaire, le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) affirme aujourd’hui qu’elle s’avère “inférieure aux projections faites au début de la pandémie”. Malgré la chute des exportations de 11% et du chiffre d’affaires de 22,3%, soit 2,8 milliards d’euros, la filière a pu « afficher fin 2020 une baisse maîtrisée » souligne le BNIC dans son communiqué de presse. La diminution plus forte en valeur qu’en volume s’explique par l’explosion des ventes en ligne durant la pandémie, canal sur lequel les bouteilles sont réputées pour être moins onéreuses. 

Ainsi, malgré la crise sanitaire et les « dégâts causés par les épisodes de gel qui ont aussi touché le vignoble de Cognac« , la filière est parvenue à relancer son activité sur ses principaux marchés américains et chinois, depuis l’été 2020 jusqu’à signer des ventes records en avril dernier. Comme pour l’ensemble du commerce international selon l’OMC, un rebond est attendu par les professionnels du secteur, qui jugent que leur activité « continuera à croître en 2021 ». Raphaël Delpech, directeur général du Bureau National Interprofessionnel du Cognac, avait ainsi affirmé que la réouverture allait « avoir un impact très positif sur les ventes » tandis que l’intérêt pour le cognac « n’a pas attendu la reprise d’activité des bars et de la vie nocturne ».

Deux marchés phares : les Etats-Unis et la Chine

La Chine devient aussi une priorité importante pour les maisons de cognac puisque les ventes sont restées dynamiques malgré la pandémie, en particulier à l’occasion du Nouvel An chinois. Si les ventes de bouteilles de luxe avaient chuté dès 2013 à cause de la politique de moralisation de la vie publique menée par Xi Jinping, « les choses se sont normalisées. Le consommateur connaît mieux le produit et se montre plus exigeant » selon le directeur du BNIC. Le haut de gamme a fait son retour sur le marché, soutenu par la tendance du « sur-mesure ». Les Chinois fortunés choisissent désormais des produits personnalisés et « cette tendance est sortie de l’anecdotique pour faire l’objet d’une offre commerciale notable » Raphaël Delpech.

Le premier marché du cognac est celui des Etats-Unis, dont le chiffre d’affaires a augmenté de 20,7% durant les 12 derniers mois, ce qui équivaut à 116,8 millions de bouteilles vendues. La boisson est très prisée par la communauté afro-américaine, en qualité “Very Special” plus abordable et moins vieillie en cave, pour les cocktails et long drinks. Si le duty free a touché de façon négative les ventes de cognac dans les aéroports, un autre point de blocage important se pose : celui des taxes entre les Etats-Unis et l’Europe. Les négociations sur le contentieux concernant l’acier et l’aluminium sont ouvertes mais « rien n’est acquis jusqu’à la conclusion définitive d’un accord » tempère le BNIC. La visite du Président américain Joe Biden au sommet de Bruxelles le 14 juin va être décisive pour l’avenir des échanges commerciaux transatlantiques. Pour le BNIC, tout doit être fait pour “que les vins et spiritueux cessent enfin d’être les victimes collatérales de contentieux avec lesquels ils n’ont aucun rapport”.