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La ligne grande vitesse Bordeaux-Toulouse confirmée et soutenue financièrement par l’exécutif

La présidente PS de la région Occitanie Carole Delga et le maire LR des Toulouse Jean-Luc Moudenc se sont alliés pour demander au premier ministre Jean Castex son soutien sur la Ligne Grande Vitesse (LGV) reliant Bordeaux à Toulouse. Une réponse favorable est arrivée dans un courrier de l’exécutif.

Ce projet vieux de plus de 20 ans devrait se concrétiser après une réponse affirmative du Premier Ministre, et un engagement de financement du gouvernement à parité avec les collectivités territoriales. Par cette lettre, Jean Castex engage un financement à hauteur de 4,1 milliards d’euros pour ce projet. Les élus locaux se sont dits satisfaits d’une réponse rapide, engageante et positive. Un financement à parité avec les collectivités territoriales représente par ailleurs un avantage pour le projet, qui bénéficiera également de fonds européens à hauteur de 20%.

Un projet ancien qui se concrétise après trente ans

L’établissement d’une connexion grande vitesse depuis Paris jusqu’à Toulouse n’est pas un projet nouveau. Dès les années 80, le sujet éclot dans la sphère politique, mais le coût pharamineux des travaux freine toute concrétisation. Estimé à plus de 7 milliards d’euros et avec d’autres projets comme la LGV Tours-Bordeaux en 2017 et l’annonce du financement de la LGV PACA par le gouvernement, la LGV Bordeaux-Toulouse n’a que trop tardé selon les élus de la région. L’alliance transpartisane de la présidente de la région Occitanie Carole Delga et du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a également permis de relancer durablement ce projet pharaonique. Le premier ministre Jean Castex a ainsi décidé de confirmer l’objectif gouvernemental de début des travaux courant 2024 au lieu de 2029 initialement, et l’engagement du gouvernement affirme le succès de l’argument de nécessité de cette connexion, prônée par les politiques de la région depuis des décennies.

Si cette nouvelle ligne permettra de connecter Toulouse à Paris en 3h15 et d’éviter des connexions aériennes considérées par beaucoup comme polluantes, certains émettent d’ores et déjà des réserves quant à ce projet. En effet, non seulement la LGV Bordeaux-Toulouse représente un investissement de 7 milliards d’euros mais elle implique également la disparition de 3000 hectares agricoles.

Des viticulteurs se sont dits très inquiets pour leurs exploitations, dont certaines seront situées à proximité des travaux, mais également de la ligne lors de sa mise en service. La LGV pourrait d’après eux faire s’évanouir tout projet d’œnotourisme dans la zone, avec des lignes à un kilomètre seulement de certaines vignes. Certains élus déplorent déjà la décision du gouvernement pour la création d’une nouvelle voie qui fera gagner seulement 13 minutes de trajet pour un budget de 7 milliards d’euros, au lieu d’une modernisation qui couterait deux milliards d’euros. C’est le cas de Nicolas Thierry, candidat EELV aux élections régionales, qui parle de ce projet comme une gabegie financière.

La LGV Bordeaux-Toulouse constitue en tout cas un projet d’infrastructures majeur qui permettra une connexion rapide et une accessibilité accrue pour l’Occitanie depuis Paris, et renforçant les liens entre les deux métropoles du sud-ouest, une connexion utile en période de relance économique pour accompagner la croissance des entreprises toulousaines ou bordelaises. Le soutien financier du gouvernement à hauteur de 50% confirme donc finalement la concrétisation de ce projet, malgré des détracteurs nombreux, dans un contexte d’élections départementales et régionales où cet enjeu ne manquera pas de constituer un sujet de débat.