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Les startups françaises se tournent vers les armées pour l’application de leurs innovations et de leurs produits

À la fin du mois de juin, se tiendra le salon Sofins qui rassemble les start-ups et l’armée française afin de tester des produits et services non originellement conçus pour un usage militaire. Il s’agit essentiellement d’un événement pour mettre en valeur des jeunes pousses aux technologies innovantes et de voir si elles peuvent entamer des relations commerciales avec l’État.

L’événement est organisé par le Cercle de l’arbalète qui se donne pour mission de rapprocher les services de défense et les starts-up. C’était le cas, l’année dernière de la start-up Earthcube qui, spécialisée dans l’analyse de données géospatiales par l’intelligence artificielle, a mis sa technologie au service d’Airbus. Une technologie qui permet de surveiller les ports, aéroports, bases terrestres et des sites stratégiques. Pour ce faire, Earthcube empreinte le réseau satellitaire d’Airbus afin de détecter les appareils en mouvement dans les aéroports et ports et utilise ses algorithmes afin de traiter un nombre important d’images et les classer automatiquement.

Des technologies adaptées à un usage militaire

En 2021, c’est ActivMotion, créée par Benoît Van Landeghem, qui est sous le feu des projecteurs. « Je ne m’intéressais pas du tout au domaine militaire, car le concept du produit concerne tout le monde, glisse-t-il aujourd’hui. Mais après ce salon où le Cercle de l’arbalète nous a approchés, nous nous sommes concentrés sur un usage professionnel.  » Les produits ActivMotion sont conçus pour permettre aux usagers de communiquer en laissant les oreilles et les mains libres. Grâce à cette technologie, il est possible de communiquer au téléphone sans occulter les sons environnants.

Autre pépite mise en avant, Chronolife propose un vêtement connecté destiné à l’origine pour permettre aux professionnels de la santé de suivre des patients atteints de pathologie chronique. Il pourrait être également utile pour les forces spéciales, car il serait plus aisé d’évaluer le niveau de stress et de fatigue des personnes en intervention. En effet, grâce à des capteurs embarqués, il est aisé d’envoyer des données sur l’état physique des forces spéciales via un smartphone dans un cloud sécurisé. Avant d’être opérationnels les produits ActivMotion et Chronolife devront être adaptés à ces nouvelles conditions d’utilisation.

Benoît de Saint Sernin, Président Directeur Général du Cercle de l’Arbalète, reconnaît que travailler avec l’armée n’est pas une décision sans conséquences pour de jeunes entreprises en croissance mais que des refus de présence au salon Sofins de la part d’une start-up est rare. Il a ajouté à ce sujet que : “ Le général Jean-Pierre Palasset s’occupe des relations avec les fonds, et il faut bien comprendre que, le plus souvent, ces sociétés n’apportent qu’une petite brique dans un ensemble bien plus grand”.