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Benoît Bazin va prendre la tête de Saint-Gobain après le départ de Pierre-André Chalendar de la direction générale

A l’occasion de la publication des résultats de 2020, le groupe Saint-Gobain a annoncé l’arrivée cet été de Benoît Bazin à la direction générale. Avec une explosion des demandes de rénovation, le groupe sort renforcé de la crise sanitaire, enregistrant un second semestre historique. 

Le 1er juillet prochain, le PDG de Saint-Gobain, Pierre-André Chalendar, va passer la main à son directeur général délégué, Benoît Bazin, après avoir reçu l’approbation du conseil d’administration. A la tête de l’entreprise depuis 2010, Pierre-André Chalendar conservera toutefois la présidence du conseil d’administration, les deux fonctions étant dissociées.

Un page qui se tourne

C’est un nouveau chapitre à écrire pour le groupe. Après avoir été engagé en 1992 par Pierre-André en tant que stagiaire, Benoît Bazin entre ensuite dans le Ministère de l’Economie et des Finance où il y passe quatre année, d’abord en tant que rapporteur au comité interministériel de restructuration industrielle puis comme responsable des participations de l’Etat où il est notamment en charge des dossiers de privatisation du Groupe Thomson et Aérospatiale-Matra. Il revient finalement chez Saint-Gobain en 1999 comme directeur du plan de branche abrasif auprès de l’actuel PDG. Il enchaîne ensuite les postes à responsabilité comme directeur financier de 2005 à 2009, en 2010 il est nommé directeur adjoint du groupe. Fort de cette solide expérience au sein de la société, il est depuis 2019 devenu le bras droit de M. Chalendar, et fut notamment chargé de piloter le plan de réorganisation du groupe “Transform & Grow” lancé en novembre 2018. 

Il aura notamment à suivre les suites du plan de transformation de Saint-Gobain, qui a déjà porté ses fruits, s’achevant avec une année d’avance malgré la crise sanitaire. Une performance saluée par l’actuel PDG, qui précise que le groupe a également “réalisé un second semestre 2020 record”, soutenu par une demande croissante. 

+4,8 % de chiffres d’affaires en 2020

Après un premier semestre fragile, mis à mal par les restrictions sanitaires, la demande de rénovation des logements a bondi au second semestre faisant décoller les ventes du leader mondial des matériaux de construction. Le groupe a ainsi réalisé 250 millions d’euros d’économies sur l’année 2020. Même si le chiffre d’affaires a reculé de 3,8 % sur l’année, ce dernier a repris de la vigueur au second semestre (+4, 8%) grâce à l’essor des marchés de la rénovation, qui représentent 50 % de son chiffre d’affaires en Europe. Le bénéfice net courant a atteint un niveau record de 1,2 milliards d’euros pour ce dernier semestre pour une performance annuelle de 1,5 milliards d’euros, témoignant de la bonne santé du groupe prêt à amorcer une nouvelle année. Une première depuis 350 ans, alors que la firme est parvenue à ramener son endettement net à 7,2 milliards d’euros. 

Seule ombre au tableau, le bénéfice net de l’année a chuté de 67,6% à 456 millions d’euros. Malgré tout, le groupe sort renforcé de la crise et compte poursuivre sur sa lancée, soutenu par la dynamique croissante du marché de la rénovation. Le succès du plan Transform & Grow auquel s’ajoutent les différentes cessions ainsi que le remaniement de la direction devraient permettre à Saint-Gobain de réaliser “une forte progression du résultat d’exploitation”. Benoît Bazin aura donc la charge d’un géant industriel français en bonne santé.