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Une start-up montpelliéraine a mis au point un revêtement virucide capable de détruire les traces de SARS-CoV2

A Montpellier, la startup MetalSkin a développé une peinture virucide et anti-bactérienne capable de détruire les traces du SARS-CoV2. A l’origine de cette innovation française inédite : Stéphane Penari, un serial-entrepreneur de 51 ans.

Le fondateur de MetalSkin est un « enfant d’Occitanie », né dans le Tarn et installé dans l’Hérault, qui a mené un parcours audacieux. Alors qu’en mars 2020, on découvrait que la Covid-19 était capable de survivre sur les surfaces inertes, la société indépendante était déjà spécialiste des métaux. Plusieurs expérimentations en laboratoire ont révélé que les surfaces sont vectrices de transmission du virus, en particulier chez les enfants. De fait, le cuivre, connu pour ses propriétés anti-microbiennes, est sans surprise la surface sur laquelle la mortalité du virus est la plus élevée. MetalSkin en a fait son principe actif. En effet, si la Covid-19 peut survivre 2 à 6 jours sur le plastique, 5 jours sur la céramique et le verre, 3 à 5 jours sur l’acier inoxydable et 24h sur le carton, elle disparaît en moins de 4 heures sur le cuivre. Bien que ce temps de survie dépend des études, des conditions d’expérimentation, du taux d’humidité, de la température ou encore de la charge virale, les résultats demeurent éloquents.  

L’innovation de Stéphane Perani est donc une solution inédite puisqu’il cède, sous licence de brevet, à plusieurs entreprises, une peinture virucide et anti-bactérienne capable d’anéantir – sur certaines surfaces – en quelques heures, 99,95% du SARS-CoV2. Ce revêtement français est « applicable sur des rampes d’escalier, des poignées de porte ou encore des éléments de robinetterie ». Le chiffre d’affaires de la startup culmine à 300.000 euros. Les organisations qui se procurent le produit sont très variées, parmi elles : Bulk & co, un expert de la vente en vrac, Pixika, un sous-traitant informatique désireux de limiter le risque infectieux sur les claviers d’ordinateurs ou encore la clinique Saint-Jean l’Ermitage de Melun qui l’utilise sur toutes les barres de maintien et autres mains courantes… 

L’entreprise ne s’arrête pas là, son fondateur envisage la conception d’un ruban adhésif bactéricide « auto-décontaminant ». Stéphane Penari, vient aussi de signer un contrat avec UUDS, spécialiste de l’aménagement des cabines d’avion, reconverti avec la crise dans la désinfection transports en commun. De même, l’entrepreneur est déterminé à développer son activité au-delà de l’hexagone, notamment aux Etats-Unis, au Brésil, aux Emirats Arabes Unis et en Angola. 

Derrière l’innovation, un serial-entrepreneur français de 51 ans

Le fondateur de MetalSkin est un entrepreneur au parcours atypique. Fils d’une institutrice et d’un entrepreneur dans la construction, il est le cadet de 3 enfants. Après avoir fait sa scolarité à Sciences Po Paris, il commence une carrière de contrôleur de gestion, puis d’expert-comptable, avant que sa fibre entrepreneuriale ne s’impose à lui. Père de deux enfants, il a repris en 1995 une société de meubles en fer forgé, sans aucune expérience dans l’industrie ou le design. Il a ainsi découvert la conception de mobilier et le métier d’architecte d’intérieur. Passionné de vin et de cuisine, il a également co-dirigé pendant plus de 10 ans le Studio Chantal Peyrat, du nom de son ex-épouse. Ensemble, ils ont « conçu des bars et des restaurants, ainsi que plusieurs casinos et hôtels du groupe Barrière ». En 2007, MetalSkin est né dans ce contexte avec l’ambition de trouver des solutions adaptées pour chaque élément de décoration.

François Thomassin, un ancien secrétaire de la commission de normalisation de l’Afnor S95S explique que le « contexte réglementaire international reposant sur des tests éloignés des réalités du terrain » est un frein important à ce type d’entreprise. Mais « malgré les revers et les déceptions, Stéphane Penari est confiant en sa technologie ». De fait, la pandémie du Covid-19 a été un accélérateur formidable pour la startup, qui possédait déjà un produit efficace et breveté, une première mondiale, d’utilité publique.