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Emmanuel Macron maintient l’engagement français au Sahel face aux groupes terroristes

Cela fait maintenant huit années que la France intervient auprès des pays du Sahel afin d’endiguer la menace terroriste. En 2020, le sommet de Pau avait débouché sur le renforcement de la présence militaire française dans la région avec l’envoi de 600 soldats français supplémentaires.

L’opération Barkhane compte maintenant 5100 soldats. Le 16 février 2021, lors d’une visioconférence avec les dirigeants du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad), Emmanuel Macron a déclaré que la France renforcerait ses efforts afin de « décapiter” les groupes liés à Al Qaïda au Sahel.

Le Président français s’est également réjoui de voir que l’Etat Islamique au grand Sahara (EIGS), désigné comme ennemi n°1, avait subi beaucoup d’importantes pertes depuis l’intervention militaire française auprès des pouvoirs légitimes au Sahel. Malgré cette victoire, le tableau est assombri par les attentats quotidiens revendiqués par les organisations affiliées à Al-Qaïda. Le Mali a ouvert en 2020 le dialogue avec des groupes comme Katiba Macina et a envoyé des émissaires, vers Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa pour entamer les négociations. Des initiatives qui ont agacé le Président français qui considère encore ces acteurs comme des leaders de groupes terroristes et qui souhaite que les contacts cessent. Dans onze villages maliens, les communautés peules et dogons se sont en tout cas engagées dans un accord de paix qui témoigne de “leur lassitude face au conflit”. 

Une mobilisation africaine renforcée

Les chefs d’Etat ont félicité le président tchadien Idriss Déby Itno pour la mobilisation de 1 200 soldats de son pays dans la zone dites des « Trois Frontières » (Mali, Niger et Burkina Faso), décision qu’ils ont qualifiée de “forte et courageuse et qui viendra conforter la force du G5 Sahel”. D’autres pays européens qui ont eux aussi participé au à des initiatives contre les groupes armées terroristes ont été remerciés, et Emmanuel Macron a annoncé que de nouveaux pays se montraient de plus en plus intéressés par une participation à cet engagement au Sahel, sous une forme ou une autre. Les efforts fournis depuis 2020 ont ainsi permis de neutraliser certains hauts cadres du commandement d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dont ‘l’Émir » Abdelmalek Droukdal en juin dernier. 

Le président français a également rappelé qu’il était nécessaire de réinvestir les territoires abandonnés de la région et de donner des perspectives d’avenir aux populations locales. Pour espérer enrayer la menace terroriste, il lui semble en effet préférable de préparer un terrain politique apaisé et de déployer des solutions économiques. “Les jeunes sont recrutables parce qu’ils n’ont rien à faire” a soutenu le patron de la DGSE, Bernard Emié. Des propos corroborés par Seidik Abba, auteur de Pour comprendre Boko Haram, qui a affirmé que “la question idéologique n’est pas fondamentalement celle qui motive les combattants qui s’engagent. Ils le font aussi pour améliorer leur quotidien.”