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Confinement en urgence à Auckland après la découverte de cas de Covid19

Suite à la découverte de trois cas positifs au coronavirus à Auckland, la Première ministre de Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, a ordonné un confinement d’urgence pour la ville, d’une durée de trois jours du dimanche 14 février jusqu’à hier.

C’était le premier confinement du pays depuis 6 mois. Située sur le Nord de l’île, la ville d’Auckland est la plus grande du pays avec 1,7 million d’habitants. Ces derniers ont dû rester chez eux 72 heures à partir de dimanche 14 février à minuit. Dès lundi, les rues étaient désertes, les écoles et commerces non essentiels étaient fermés. Les habitants ne pouvaient plus quitter la ville, sauf pour raison impérieuse, et de sérieux contrôles ont été mis en place. La raison de ces mesures drastiques est la découverte d’un foyer de contamination recensant 3 cas positifs au coronavirus, dont 2 porteurs du variant britannique. Il s’agissait d’une famille : une mère, un père et une fille. Les autorités ont expliqué que la mère travaillait dans une entreprise de restauration qui faisait notamment de la lessive pour les compagnies aériennes. Des enquêtes ont ainsi été menées sur l’existence d’un lien avec des passagers infectés. Tous les citoyens qui ont été en contact avec la famille ont dû signaler la situation aux services d’urgence. En relation avec des bases de données internationales, les scientifiques se sont occupés de séquencer le génome à la recherche d’une correspondance.

Jacinda Ardern, qui avait prévu d’assister au Big Gay Out pour célébrer la communauté LGBT avec des dizaines de milliers de festivaliers, a boulversé son programme pour retourner à Wellington gérer l’épidémie. La décision de confiner Auckland a été prise après une réunion d’urgence avec d’autres membres du Cabinet. Une conférence de presse a été organisée à la hâte dimanche 14 février, pour annoncer la décision, ainsi que le passage de l’alerte COVID-19 au niveau 3 (sur un maximum 4) pour la ville et au niveau 2 pour le reste du pays. De fait, d’autres mesures préventives ont été prises de façon nationale comme la limitation à 100 personnes de tous les rassemblements et l’obligation du port du masque dans les transports en commun. L’Australie voisine a, quant à elle, suspendu l’accord qui permettait aux Néo-Zélandais d’entrer sur le territoire sans quarantaine hôtelière. Lundi, le département de la santé de la Nouvelle-Zélande a déclaré qu’il n’y avait pas eu de nouveau cas de transmission communautaire, en revanche 5 ont été détectés et gérés dans des centres d’isolement.

 

Stratégie « Zéro Covid »

La Nouvelle Zélande a, comme depuis le début de cette crise sanitaire, fait preuve d’une grande intransigeance envers le virus. Le Ministre de la Lutte contre le Covid-19 s’est ainsi félicité que « la Nouvelle-Zélande avait mieux contenu Covid-19 que presque tout autre pays ». En effet, après un arrêt brutal au début de la pandémie, les bilans nationaux étaient remarquables, soulignant une élimination durable de la transmission locale. Au total, la nation de 5 millions d’habitants ne compte que 2 330 cas depuis le début de la pandémie, dont 25 décès seulement. La Nouvelle-Zélande est classée comme le pays le plus performant dans la gestion de la pandémie, selon l’indice du Lowy Institute australien. 

La stratégie constante du « zéro covid » a porté ses fruits. Cette politique veut réduire à zéro la circulation du coronavirus dans le pays par des mesures temporaires strictes prises dès l’apparition des cas, combinées à un contrôle drastique des foyers d’infection. Parallèlement, le gouvernement laisse la vie normale se poursuivre dans les zones où le virus ne circule pas. Ainsi, les Néo-Zélandais retournaient au travail, assistaient à des concerts et à des événements sportifs sans avoir besoin de porter de masque ou de prendre des précautions supplémentaires. En plus de l’isolement naturel du pays, qui n’a pas de frontière terrestre, la nation océanique bénéficie d’une mobilité bien moins importante qu’en Europe, d’une densité de population bien moins élevée dans les villes, et d’une économie indépendante vis-à-vis des voyages transfrontaliers.