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Inquiétudes sur l’impact du Covid sur les communautés indiennes Yanomami au Brésil après la mort de plusieurs enfants

Le Brésil est le troisième pays le plus touché par la crise sanitaire et ses populations autochtones font partie des groupes les plus vulnérables au monde face à l’avancée de la pandémie. En mai 2020, les chefs autochtones d’Amérique du Sud ont tiré la sonnette d’alarme en faisant appel à l’Organisation mondiale de la santé. Ils signalaient alors la nécessité de consacrer un fonds d’urgence afin de protéger les communautés de la menace de la pandémie.  En janvier 2021, dix enfants Yanomami ont succombé en quelues jours à la Covid19, une surmortalité inquiétante.

Le président du Conseil de santé Condisi-YY, Henkurari Yanomami a déclaré que “le nombre d’enfants morts en moins d’un an était très inquiétant”. En effet, sur 32 morts, sept étaient âgés de moins de deux ans et deux avaient entre douze et vingt-ans. Une surmortalité qui peut s’expliquer par des conditions sociales et sanitaires précaires et par le manque d’équipement de santé. A cet égard, les leaders et activistes autochtones ont accusé le gouvernement brésilien de négligence. Le ministère de la Santé du Brésil a exprimé la nécessité d’envoyer des experts enquêter sur le territoire Yanomami où 28 000 personnes dépendent de l’aide d’à peine 200 professionnels de santé. 

Dans un pays dont le Président Jair Bolsonaro a déjà évoqué dans les derniers mois son peu d’intérêt pour les communautés présentes dans les régions les plus reculées du pays depuis des siècles, et pour lesquels il a même exprimé des propos particulièrement choquants, la situation sanitaire de ces populations géographiquement et économiques isolées inquiète donc à travers le monde.

Une crise qui rappelle des souvenirs douloureux

La crise sanitaire a ravivé des souvenirs douloureux pour les populations autochtones, qui ont pour beaucoup d’entre elles été décimées au contact des maladies ramenées par les colons Européens à travers les siècles, telles que la rougeole, contre lesquelles ils n’avaient pas développé d’immunité. Plus récemment, au courant des années 80, la ruée vers l’or avait été accompagnée de déforestation, de violences et de maladies. Les incursions se sont accrues depuis la prise de fonction de Jair Bolsonaro en 2019.

Le chef autochtone Raoni, figure de la lutte contre la déforestation, a lui porté plainte le 22 janvier contre le président brésilien pour crimes contre l’humanité. Les plaignants ont dénoncé une dégradation rapide des droits des peuples autochtones depuis l’investiture de Bolsonaro et des risques importants pour l’environnement fragile de la région : “La destruction de la forêt amazonienne s’est accélérée sans commune mesure : augmentation de la déforestation de 34,5 % en un an, taux d’assassinat de leaders autochtones le plus élevé depuis ces onze dernières années, effondrement et menaces des agences environnementales…”.

Crise environnementale, inquiétudes sanitaires et éloignement politique et économique constituent donc autant d’inquiétudes pour les Yanomamis et les peuples amazoniens, alors que les contaminations au Brésil restent à des niveaux très élevés.