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HongKong et le traitement des Ouïghours divisent Joe Biden et Xi Jinping lors de leur premier appel téléphonique

Fraîchement investi, Joe Biden a abordé la question épineuse du traitement des Ouïghours au cours d’un entretien téléphonique officiel avec Pékin. Le président des Etats-Unis et son homologue chinois, Xi Jinping, sont également revenus sur leurs « défis communs », sur fond de crises sanitaire et économique.

Washington avait déjà fait part, dans un compte rendu, de sa position à l’égard des pratiques économiques « injustes et coercitives » de Pékin, de la répression à Hong Kong et des « violations des droits humains » dans le Xinjiang. « Je pense que ce génocide est encore en cours et que nous assistons à une tentative systématique de détruire les Ouïghours de la part du parti-Etat chinois», avait exprimé le secrétaire d’État américain sortant Mike Pompeo à la veille de l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

Un dossier sensible pour Washington

Alors que plus d’un million de Ouïghours sont encore ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique au Xinjiang, le gouvernement chinois, maintient l’idée qu’il s’agit de « centres de formations professionnelles » en vue de procurer un emploi à la population. Pékin affirme également que la création de ces « centres » aurait pour objectif de lutter durablement contre toute forme d’extrémisme religieux. Un point de vue cependant réfuté par de nombreux témoignages qui dévoilent les pratiques douteuses perpétrées au sein de ces camps.

Pourtant décidé à rompre avec la politique étrangère de Donald Trump, Joe Biden semble presque marcher dans les pas de son prédécesseur sur ce dossier sensible entre les deux premières puissances mondiales. Le président des Etats-Unis, qui a exprimé « ses profondes inquiétudes » à ce sujet, a toutefois prévenu : s’il souhaite avant tout éviter un conflit, la rivalité entre les deux pays revêtira la forme d’une « compétition extrême », susceptible de déboucher sur une « nouvelle guerre froide »

Quant aux taxes douanières sur les produits chinois mises en place sous la présidence Trump, ces dernières seraient pour l’heure maintenues. Si des changements en matière de politique commerciale à l’égard de la Chine sont prévus dans le cadre d’un réexamen global, aucune décision n’a été encore prise sur ce dossier, a précisé un haut responsable de l’administration. La création récente d’un groupe de travail au Pentagone devrait par ailleurs « permettre de décider d’une direction ferme sur les questions liées à la Chine », a déclaré le démocrate à l’occasion d’une allocation destinée aux militaires américains.