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Le président portugais de centre-droit Marcela Rebelo de Sousa réélu au premier tour

Ce dimanche avait lieu l’élection présidentielle portugaise, qui a vu le président sortant Marcelo Rebelo de Sousa (centre-droit) être réélu pour 5 ans dès le premier tour avec 61,6% des voix. Malgré une abstention historique, en grande partie à cause du coronavirus, ce score témoigne de la grande confiance de la société portugaise envers celui que l’on surnomme « Marcelo ».

Dans le système politique portugais encore relativement épargné par les mouvements populistes, le Président Rebelo de Sousa jouit d’une immense popularité et a même pu, bien qu’issu du centre-droit, bénéficier du soutien du Parti Socialiste au pouvoir.

Une élection exceptionnelle

Le second confinement général n’a pas empêché la tenue du scrutin, qui a donné sans surprise la victoire dès le premier tour au Président sortant, et ce malgré une abstention record estimée à plus de 55%. Doté d’un système politique républicain parlementaire, le Portugal possède un système dualiste ou Président et Premier Ministre se partagent le pouvoir exécutif mais où le Chef de l’Etat possède une fonction plus honorifique située au-dessus des partis avec un rôle de gardien des institutions et de garant de la continuité de l’état. L’élection de dimanche prolonge donc une situation de « cohabitation » très douce entre le Président sortant de centre-droit Marcelo Rebelo de Sousa et l’actuel Premier Ministre Socialiste Antonio Costa. Cette alternance traditionnelle entre droite et gauche fait du Portugal une exception en Europe compte tenu du fait que le pays reste relativement épargné par les mouvements populistes.

Décrit comme un homme cultivé et proche du peuple, Marcelo Rebelo de Sousa, ancien chroniqueur de télévision et professeur de droit, se dirige donc vers un second mandat après avoir largement dominé le scrutin qui l’opposait à l’ancienne eurodéputée socialiste Ana Gomes (12,24% des voix) et le candidat d’extrême droite André Ventura (11,9% des voix). Fils d’un ancien gouverneur colonial et ancien ministre de la dictature, Marcelo est décrit par Carlos Jalali, professeur de sciences politiques à l’université d’Aveiro comme étant l’opposé du « président jupitérien ». Il semble incarner le consensus parfait, à tel point que même le Premier Ministre Antonio Costa, son supposé adversaire politique avait déclaré en mai vouloir « se retrouver à nouveau avec le Président Rebelo de Sousa » en 2021. Une telle unanimité fait presque figure d’exception à une époque ou les divisions politiques sont de plus en plus profondes dans la plupart des démocraties occidentales et où peu de fonctions politiques échappent à de violentes critiques.