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Le Maroc reconnaît Israël suite à des négociations avec Donald Trump

« C’est une avancée historique » a commenté sur son compte Twitter le Président Américain Donald Trump. La reconnaissance mutuelle entre le Maroc et l’Etat hébreu est une étape importante dans le processus d’apaisement des tensions au Proche-Orient. Cette avancée diplomatique s’est toutefois faite au prix d’une seconde reconnaissance : celle de la souveraineté du royaume du Maroc sur le Sahara Occidental par les Etats Unis.

La reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, un sujet de tensions diplomatiques depuis plusieurs décennies, constitue une nouvelle preuve de l’étendue des concessions que Washington est prêt à consentir pour assurer la protection de l’Etat hébreu.

La normalisation des Relations Maroc-Israel

La brève période d’ouverture des années 1990 durant laquelle des bureaux de liaison avaient été ouverts entre Rabat et Tel Aviv n’avait duré qu’un temps et avait pris fin dès le début des années 2000. Depuis lors, aucun contact de nature officielle n’avait été établi entre les deux pays. C’est pour cette raison que le Président américain s’est réjoui de la reprise de relations diplomatiques entre Israel et le Maroc, venant s’ajouter aux autres normalisations intervenues avec les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn par l’intermédiaire de la Maison Blanche au travers des accords d’Abraham.

Le Premier Ministre Israélien Benjamin Netanyahou a lui aussi salué un « accord historique » avant d’annoncer l’établissement prochain de liaisons aériennes directes entre les deux pays. Toutefois, cette décision ne fait pas l’unanimité au Moyen Orient. Le Hamas, mouvement islamiste palestinien en charge de l’administration de la bande de Gaza, dénonce ainsi un péché politique de la part du Maroc.

Une reconnaissance en contrepartie d’une autre

Les observateurs optimistes verront dans la reprise des relations entre le Maroc et Israel une avancée décisive motivée par la recherche de la paix mondiale. Les plus réalistes y verront une habile manoeuvre des Etats Unis qui ont voulu assurer un peu plus la sécurité de leur plus fidèle partenaire au Moyen Orient en facilitant la reprise de ses relations diplomatiques avec un autre Etat arabe en échange de la reconnaissance de la souveraineté de celui-ci sur le Sahara Occidental.

Alors que Rabat lutte depuis des années contre le front indépendantiste du Polisario, soutenu par l’Algérie, pour le contrôle de cette région désertique de 266 000 kilomètres carrés, le soutien de poids apporté par Washington risque de modifier considérablement le rapport des forces locales. Suite à la décision américaine, l’ONU a déclaré ne pas vouloir changer sa position sur ce sujet et continue de poursuivre sa mission de paix en faveur d’un referendum d’autodétermination de cette ancienne colonie espagnole peuplée d’à peine 600 000 habitants.